@informateur.ci- Il y a plus de 15 ans, ils prônaient la déstabilisation. Aujourd’hui, au pouvoir, ils redoutent l’instabilité. Mamadou Koulibaly analyse cette métamorphose politique en Côte d’Ivoire.
Il y a 20 ans, quand ils pensaient n’avoir rien à perdre et tout à gagner avec une Côte d’Ivoire ingouvernable, ces gens-là n’avaient que des mots comme : «la guerre» ; «la déstabilisation » ; «la violence armée» ;
«La descente pour marcher en vue de récupérer un pouvoir dans la rue » ; « Donnez vos enfants et vos poitrines pour la cause» ; «Prenez les armes contre ce pouvoir moribond» ;«La rébellion nous appelle» ; « sinon il y aura sécession » ; «brulez leurs lieux de culte» …
Tels étaient les slogans qu’ils adoraient utiliser contre ce qu’ils détestaient le plus, leur pays, qu’ils considéraient comme une » poudrière identitaire ». Que s’est-il passé pour que ces mêmes personnes soient aujourd’hui converties à prêcher, partout dans leurs discours, les vertus de la retenue, de la paix et de la stabilité?
Il s’est passé que leur activisme dans la déstabilisation leur aura permis, en fin de compte, d’accéder au pouvoir d’État et de l’exercer en exclusivité de façon continue depuis bientôt une quinzaine d’années. Il s’est passé que ces gens-là découvrent que, 15 ans après, ils ont désormais énormément de choses à perdre d’une déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Le pouvoir et les avantages matériels, avouables et inavouables qui s’y rattachent sont désormais de doux fardeaux qu’ils ne sont pas prêts à perdre.
La Côte d’Ivoire a désormais à leurs yeux plus de valeur que tout. La « sublime Côte d’Ivoire » comme ils l’appellent désormais, n’est plus une poudrière de rattrapage ethnique, mais fruit de la paix et la stabilité, leur semble désormais fragile et l’objet de tendresses et d’attentions qu’il leur faut préserver des déstabilisateurs et autres ennemies, dans les rangs desquels ils voient les opposants et autres grévistes et critiques de leur régime.
Ceux qui hier prétendaient qu’ils n’avaient rien à perdre, découvrent aujourd’hui qu’ils ont tout à perdre. La roue du temps a tourné.
Prof. Mamadou Koulibaly
(Le titre est de la Rédaction)













