@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, le processus de mise en place de l’Interprofession de la filière Café-Cacao démarré au cours du premier trimestre de 2024 et dont les différentes étapes étaient relayées par les supports de communication du Conseil du Café-Cacao a atteint une phase importante, avec la désignation de l’organisation qui va y siéger au nom des planteurs. Il s’agit de l’Organisation Nationale des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (Onpcc-ci) qui a été retenue à l’issue d’une mission de vérification de la représentativité des organisations de producteurs.
L’Onpcc-ci de Siaka Diakité a été reconnue comme réunissant tous les critères de légitimité pour faire partie du collège des producteurs au sein de la future Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) du secteur café-cacao. Nous l’avons dit, la mission d’audit menée par le Cabinet Jad’Expertise du 10 au 21 juin 2025 dans les 13 délégations régionales du Conseil du Café-Cacao et supervisée par le Comité Technique OIA Café-Cacao a établi, dans son rapport final que l’Onpcc-ci a fait la preuve d’une représentativité indiscutable avec 676.994 membres représentant 63,12 % des producteurs nationaux, et un volume de production totalisant 1.112.281 tonnes, soit 53,47 % du volume national de café et de cacao. Au-delà du seuil de 50 % de représentativité imposé par les règles, aussi bien en terme de nombre de producteurs que de volume de production.
Quant à la seconde organisation coopérative en lice, l’Association des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (Aspcacc-ci) de Sermé Karim, elle a été jugée inapte à siéger à l’OIA et écartée de la course, faute de remplir les conditions fixées. L’Aspcacc-ci n’ayant pas été en mesure de fournir des données précises et probantes, ni sur le nombre et la qualité de ses membres, ni sur le volume de production qu’elle brasse.
Ce choix, qui ne saurait être remis en cause, fait cependant débat dans la filière. Beaucoup estiment que c’est sans surprise que l’Onpcc-ci a surclassé Aspcacc-ci et été retenue comme représentante des producteurs, au regard des évènements qui ont précédé son admissibilité. D’autant plus qu’à la tête de l’Onpcc-ci on retrouve un magnat de la filière, Siaka Diakité, PCA de la coopérative UINTERCC, qu’on dit très proche du pouvoir RHDP. Et qui n’est autre que celui qui, faut-il le rappeler, a soutenu financièrement en juillet 2024, la cérémonie d’hommage des producteurs au président Alassane Ouattara.
Ce choix, qui ne saurait être remis en cause, fait cependant débat dans la filière. Beaucoup estiment que c’est sans surprise que l’Onpcc-ci a surclassé Aspcacc-ci et été retenue comme représentante des producteurs, au regard des évènements qui ont précédé son admissibilité. D’autant plus qu’à la tête de l’Onpcc-ci on retrouve un magnat de la filière, Siaka Diakité, PCA de la coopérative UINTERCC, qu’on dit très proche du pouvoir RHDP. Et qui n’est autre que celui qui, faut-il le rappeler, a soutenu financièrement en juillet 2024, la cérémonie d’hommage des producteurs au Président Alassane Ouattara. Cérémonie au cours de laquelle l’un de ses proches collaborateurs, Doua Blonde Obed, avait surpris les acteurs de la filière et les Ivoiriens en annonçant publiquement, à la consternation de tous, que les producteurs se chargeront de payer les 50 millions FCFA de caution du Président Alassane Ouattara pour l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Six (6) mois après cette cérémonie d’hommage des producteurs au président et surtout l’annonce faite de payer la caution du Chef de l’Etat à la présidentielle prochaine, le PCA de l’UINTERCC créait l’Onpcc-ci et faisait enregistrer la nouvelle structure (avec laquelle certains pensent qu’il a planifié, fort de ses soutiens au sommet) de conquérir l’Interprofession auprès de l’Administration du Territoire, précisément le 31 décembre 2024.
S’il est clair que l’on ne saurait, au plan technique et réglementaire, remettre en cause le choix porté sur l’Onpcc-ci pour faire partie du collège des producteurs au niveau de l’OIA café-cacao, la plupart des planteurs interrogés pensent que les évènement rappelés plus hauts expliqueraient la ‘’facilité et la rapidité avec laquelle la nouvelle organisation créée par Siaka Diakité, il y a à peine six mois, se retrouve avec une légitimité au-delà de celle des organisations qui existent depuis de nombreuses années.
Ces chiffres ont juste été obtenus, certes légalement, mais par transfert de données des coopératives à une Organisation professionnelle qui n’existait même pas au lancement de la campagne cacaoyère 2024-2025. Ce qui dans le fond questionne les valeurs éthiques.
Des planteurs sont convaincus que le temps accordé aux organisations pour se rattraper alors que l’Onpcc-ci venait de naître en décembre 2024, a été fait opportunément. Il s’agissait en réalité de permettre à cette structure qui a recruté en son sein des syndicalistes notoires issus de la Centrale syndicale agricole de Côte d’Ivoire, de se déployer sur le terrain grâce à d’importants moyens financiers afin de procéder à des recrutements massifs des organisations coopératives approchées dans ce sens, pour gonfler en un temps record le nombre des membres et justifier dès lors le volume du tonnage de café-cacao recherché.
Aussi d’aucuns estiment-ils que la légitimité de l’Onpcc-ci de Siaka Diakité est ‘’une légitimité théorique‘’ qui est loin des réalités du terrain et de la représentativité réelle de l’homme et de son organisation. Les chiffres présentés ne le sont que sur du papier. La preuve est que les 676.994 producteurs et les 1.112.281 tonnes revendiqués par l’Onpcc-ci, n’ont aucun ancrage temporel solide. Ces chiffres ont juste été obtenus, certes légalement, mais par transfert de données des coopératives à une Organisation professionnelle qui n’existait même pas au lancement de la campagne cacaoyère 2024-2025. Ce qui dans le fond questionne les valeurs éthiques.
Mais quoi qu’il en soit, c’est l’Onpcc-ci qui représentera les producteurs au sein de l’OIA café-cacao. Ce qui ne signifie pas que les autres associations et organisations de planteurs doivent être exclues des discussions qui engagent la filière.
Maurice Konan KOUASSI













