@informateur- Eliminé de la succession de Bédié, le secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA, Pr Maurice Kakou Guikahué, a décidé de ne rien tenter contre son parti. Alors que la raison qui avait justifié son ‘’éviction’’ (contrôle judiciaire) a été levée par la justice. Une réaction fort surprenante qui suscite quelques questionnements.
Suite au rejet de ses dossiers de candidature par le Comité électoral de son parti, Pr Maurice Kakou Guikahué a animé un point de presse, le lundi 11 décembre 2023, pour se prononcer et donner sa position par rapport à la suite des débats. Dans sa déclaration, il a rappelé qu’il était bien informé d’être sous contrôle judiciaire depuis bien des années lorsqu’il a envisagé d’être le prochain président du PDCI-RDA. Il a ensuite tenu à mettre certaines choses au clair quant au rejet de sa candidature par le Comité électoral du parti qu’il qualifie de ‘’décision injuste, arbitraire et infondée au regard des statuts du parti’’.
Pour lui, le contrôle judiciaire n’est pas une décision de condamnation qui impacte les droits civiques et politiques d’un individu. Il est donc sans incidence sur le casier judiciaire de l’individu. En atteste le casier judiciaire vierge qu’il a produit dans son dossier de candidature et qui montre qu’il n’a jamais été privé de ses droits civiques et politiques. «J’estime, en définitive, que le Comité électoral du 8e congrès extraordinaire m’a sanctionné pour mon engagement et mon zèle à la cause du PDCI-RDA», a-t-il déploré ; puis, dans le même souffle, il a ajouté que «là où les Institutions de la République m’ont qualifié, des responsables de mon parti m’ont disqualifié».
Poursuivant, celui qui est considéré comme le numéro 2 du PDCI-RDA a indiqué qu’il a été sujet d’un manque flagrant de solidarité. Même si à la suite d’une requête introduite par son conseil juridique auprès de la juridiction de séance, le 16 octobre 2023, la mesure d’astreinte au contrôle judiciaire a été levée, le jeudi 7 décembre 2023, il a réagi. «Je prends acte de la décision injuste de rejet de ma candidature, à l’élection du président du PDCI-RDA», a -t-il affirmé.
- Guikahué refuse de servir de bouc-émissaire
Par ailleurs, Maurice Kakou Guikahué a précisé que l’implosion du parti ne passera pas par lui. «Je refuse de servir de bouc-émissaire à certaines personnes de notre parti qui veulent me faire payer pour les frustrations dont ils auraient été l’objet dans leur carrière au PDCI-RDA», a -t-il martelé. Cependant, en dépit du rejet de sa candidature et des accusations dont il est victime, Guikahué a rassuré qu’il demeurera la même personnalité que les militants ont connue. «Je voudrais rassurer tous les militants et toutes les militantes, que le Guikahué, capitaine courage qu’ils ont connu hier, sera le même Guikahué, même s’il n’est pas président du PDCI-RDA aujourd’hui», a -t-il confié.
C’est donc une évidence, Guikahué n’a pas voulu rejoindre le candidat Tidjane Cheick Thiam, au rebours d’Akossi Bendjo et Koumoué Koffi qui ont rallié ce dernier, avec armes et bagages, renforçant davantage les chances de l’ancien patron du Crédit suisse de rafler la mise le 16 décembre prochain. C’est une position paradoxale, lorsqu’on sait que Guikahué reste toujours au PDCI-RDA qu’il n’entend pas abandonner.
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Aussi, aurait-il dû, logiquement, faire comme l’ancien maire du Plateau et l’ancien ministre de l’Economie et des Finances en se joignant à la ‘’marée verte’’ qui porte le candidat Thiam qui apparait déjà comme le grand favori de ce scrutin interne. Même si les chances de celui qui se présente comme son rival dans la course à la présidence du vieux parti, Jean-Marc Yacé, ne sont pas nulles. Comme le souligne cet internaute. «A dire vrai, je ne suis pas surpris par l’entêtement du maire de Cocody, Jean-Marc Yacé à croiser le fer avec Tidjane Thiam qui semble avoir déjà rallié le maximum de militants et sympathisants à sa cause. Il faut savoir que le maire de Cocody a une assise solide dans la commune présidentielle. Il a aussi une certaine légitimité que lui confère son patronyme. Ce sont des choses qui comptent au PDCI qui est un parti conservateur. Jean-Marc Yacé a donc raison de vouloir aller jusqu’au bout. Une élection comporte toujours une part de mystère ou d’inconnues. On n’est donc jamais vaincu d’avance comme on n’est jamais gagnant d’avance. C’est le terrain qui détermine la valeur de tout candidat. Yacé a donc toutes ses chances», assure-t-il. Soit.
- Il semble être dans la même position que ses prédécesseurs
Mais quid de Guikahué ? Que va-t-il faire après qu’il dit avoir pris acte de son élimination ? Question importante. Car, de sa réponse va dépendre le positionnement du secrétaire exécutif en chef du PDCI qui semble désormais être dans la même position que ses illustres prédécesseurs que sont Laurent Dona Fologo et Alphonse Djédjé Mady qui ont disparu des écrans radars après qu’ils ont échoué à prendre la tête du PDCI-RDA lors de la traversée du désert de N’Zueba. Est-ce un signe indien? A savoir qu’aucun secrétaire général ou exécutif de l’ancien parti unique ne peut survivre à une candidature à la présidence de cette formation.
Mais, au contraire de ses devanciers, Guikahué a encore son destin entre ses mains. Plus exactement, il dépend de lui de continuer à ‘’exister’’ au sein du parti ou de ‘’mourir’’, purement et simplement. S’il veut exister, il sait ce qui lui reste à faire, rallier Thiam. Dans le cas contraire, il est douteux qu’il survive au congrès extraordinaire du 16 décembre qui va immanquablement porter le petit-neveu du père de la nation à la tête du parti crée, il y a 77 ans, par ce dernier.
La balle est donc dans son camp : rejoindre Thiam ou périr ? Tels sont les termes de l’équation que pose sa survie après le congrès extraordinaire de son parti. Cependant, point n’est besoin d’être grand clerc pour soutenir qu’il va suivre le cours de l’histoire en accompagnant le successeur de Bédié. N’a-t-il pas affirmé, quasiment, la main sur le cœur, que la ‘’division du PDCI-RDA ne passera pas par lui’’ ? Il se laissera donc porter, cela va de soi, pour quelqu’un à qui importe tant l’unité de son parti, par la ‘’marée verte’’ dont Tidjane Thiam est déjà le meneur avec en point de mire la Présidentielle 2025 qui reste et demeure l’objectif ultime de toute cette agitation.
Ousmane MODIBO












