@informateur- A plus d’un an de la prochaine élection présidentielle prévue en octobre 2025, les états-majors des partis et groupements politiques significatifs élaborent projets et stratégies, soit pour (re)conquérir le pouvoir, soit pour le conserver. C’est le cas du PDCI-RDA et du PPA-CI qui sont engagés dans un projet d’alliance aux contours fuyants. Et pour cause.
Un véritable serpent de mer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet d’une alliance entre le PDCI-RDA et le PPA-CI a pris des allures de serpent de mer. Et ce n’est rien de le dire. Qu’on en juge. C’est au moment où l’ancien président Laurent Gbagbo était encore en résidence surveillée à Bruxelles que Henri Konan Bédié est allé lui rendre visite. C’était le 29 juillet 2019. Objectif, prendre langue avec l’ex-prisonnier de la CPI pour former une alliance, conformément à ses vœux. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’au moment de la rupture avec le RHDP, N’Zueba avait clairement laissé entendre qu’il mettrait en place une plateforme collaborative avec tous ceux qui partagent sa vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée.
Ainsi, en se retirant du processus de mise en place d’un Parti unifié dénommé RHDP, le PDCI-RDA se réservait ‘’le droit de promouvoir une plate-forme de collaboration avec les Ivoiriens qui partagent sa vision d’une Côte réconciliée et soucieuse des droits, des libertés et du bien-être de ses populations.’’, lit-on dans le communiqué qui a sanctionné cette démarche. C’est donc dans cette logique que la rencontre entre Bédié et Gbagbo a été préparée. Puis, la visite a effectivement été faite. Après, il a fallu attendre que le sort du Woody de Mama, qui n’était pas encore totalement libre, soit connu. Il a donc été définitivement libéré le 31 mars 2021.
- Et pourtant, les occasions n’ont pas manqué
Mais, après son retour en Côte d’Ivoire, l’alliance entre les deux formations ne s’est toujours pas faite. Et pourtant, les occasions n’ont pas manqué. Comme les élections municipales et régionales du 02 septembre 2023 qui auraient pu être mises à profit dans ce sens. Mais, il n’en a rien été. Certes, entretemps, le président Bédié a rangé l’arme à gauche, cependant, la marche d’un parti s’inscrivant dans la continuité, rien n’empêchait les deux partis d’implémenter leur alliance. Au contraire, ils ont multiplié les signaux montrant que cette occurrence était plus facile à projeter qu’à faire. Pour preuve, la grande commune de Yopougon qui symbolise le ‘’gbagboïsme’’ en son entéléchie a incarné, paradoxalement, la profondeur des dissensions entre le PDCI-RDA et le PPA-CI. Puisque les deux camps ont été incapables de s’entendre sur une candidature commune consensuelle. D’autant que Michel Gbagbo, pour le PPA-CI et Dia Houphouët, pour le PDCI-RDA ont maintenu chacun sa candidature. Voilà où en était le projet avant l’élection de Tidjane Cheick Thiam, successeur de Bédié. Il appartient désormais à l’ancien patron de Crédit Suisse de poursuivre la marche ou de s’arrêter. Histoire de voir dans quoi il engage le PDCI-RDA. Parce qu’au-delà des émotions et autres ressentiments qui constituent la lame de fond de ce projet plutôt fuyant, il faut regarder les choses en face afin de séparer le vrai de l’ivraie, la réalité de la fiction.
- Il faut regarder les choses en face…
Et alors, chacun comprendra qu’une alliance entre Thiam et Gbagbo et donc entre le PDCI-RDA et le PPA-CI, relève davantage de la politique politicienne à courte vue que d’une véritable offre programmatique viable et pérenne. Parce qu’il ne suffit pas de s’allier, il convient surtout de regarder dans la même direction. Puisque l’alliance ne peut être une fin en soi mais un moyen. Or, tout, mais alors, tout oppose tant les deux hommes que leurs formations politiques respectives.
Le PDCI-RDA se revendiquant de la droite plutôt conservatrice et le PPA-CI de la gauche progressiste. Il s’en suit que leur union ressemblerait au mariage de la carpe et du lapin. C’est tout dire. Alors, à quoi bon s’unir si c’est pour se bouffer le nez par la suite? La Côte d’Ivoire n’y gagnerait pas grand-chose. C’est pour toutes ces raisons qu’une alliance entre le PDCI-RDA et le PPA-CI relève beaucoup plus de la démagogie que de la réalité. Surtout qu’elle contient en germes les ingrédients de sa propre mort. Autant parler d’une impossible alliance.
Ousmane MODIBO












