Fin 2023, le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, déclarait de façon très sonore avoir pris des mesures pour lancer la réforme énergétique en vue de parvenir à très court terme à la souveraineté énergétique du Mali. Mais pour un régime militaire qui s’est hissé au pouvoir par un coup d’État et qui a rompu tous les accords de coopération bilatérale et de libre échange économique avec les partenaires susceptibles de l’aider à y parvenir, une chose est de promettre, une autre est de tenir. Car la réalité énergétique au Mali est des plus implacables.
Restrictions par-ci, interruptions quotidiennes de fournitures d’électricité par là, longs délestages pouvant excéder les 72 heures dans les zones les mieux servies en électricité…Dans les contrées qui avaient déjà des difficultés pour, jadis, avoir accès au courant, la fourniture de l’électricité est devenue une illusion pour les populations qui ne peuvent même plus se permettre ce rêve.
Car la Transition militaire malienne et son chef Assimi Goïta, en refermant dernière eux la porte de la CEDEAO et de la France qui sont les partenaires traditionnels du Mali dans le domaine énergétique, ont refermé sur eux-mêmes le piège de la crise énergétique qu’ils ont maladroitement actionné. EDM, la structure en charge du secteur de électricité au Mali, n’a jamais eu les moyens de produire la totalité des besoins de ce pays en électricité. L’absence de ressources financières pour assurer une production énergétique suffisante et de qualité, la vétusté des moyens de production et de transport de l’électricité, entre autres difficultés, devaient appeler la junte malienne à la sagesse. D’autant plus que le Mali dont l’économie est l’une des plus fragiles de la sous- région ouest-africaine, n’a pas les moyens d’honorer ses factures vis-à-vis de la Compagnie ivoirienne d’électricité ( CIE) qui fournit à ce pays une partie de ses besoins en électricité.
La réalité qu’ Assimi Goïta a eu tort d’ignorer est que c’est dans le cadre de la politique de libre échange, de la coopération et de la solidarité sous-régionales que les partenaires du Mali fermaient le plus souvent les yeux sur les énormes factures impayées qui s’accumulent, pour continuer à lui fournir de l’électricité. Ce qui n’est plus évident aujourd’hui après la sortie de l’AES- dont le Mali est membre- de la CEDEAO.
On peut le dire, la bravade de la junte malienne à l’égard des partenaires sous-régionaux et européens lui coûte cher en matière énergétique, et hélas au peuple malien. Assimi Goïta tourne en fait en rond, et avec lui l’économie malienne. Vraiment triste.
DL/Informateur.ci













