@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, si l’ex-Premier ministre Pascal Affi Nguessan est incontestablement une figure politique de taille, va-t-il enfin mériter le statut de leader d’un grand parti politique? La question se pose d’autant plus que son parti, le Front populaire ivoirien (FPI) que lui a abandonné l’ancien président Laurent Gbagbo à son retour de la CPI, n’a plus l’aura de popularité que lui avait conférées son fondateur.
Depuis qu’il a pris la tête du FPI après sa retentissante rupture avec son aîné et ancien compagnon de lutte, Affi Nguessan n’a réussi aucun exercice électoral qui puisse classer son parti parmi les plus grandes forces politiques de Côte d’Ivoire. Le natif de Bongouanou prête le flanc à ceux qui disent que Gbagbo étant parti avec le vivier, l’âme et l’héritage du FPI au Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) qu’il a créé à son retour de la Cour pénale internationale (CPI) après son acquittement, il ne dirige plus désormais qu’une ‘’coquille vide‘’. La preuve n’a-t-elle pas été faite lors des élections législatives et locales de 2021? Avec seulement deux sièges recueillis sur les 255 que compte l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, le FPI d’Affi est arrivé bon dernier lors des élections législatives du 6 mars 2021. Un échec cuisant qu’a reconnu le président du ‘’Parti à la Rose‘’.
Dans la foulée, Affi, battu par la suite sous la bannière du FPI aux élections régionales, perdra aussi son écharpe de président du Conseil régional du Moronou. Le samedi 29 janvier 2022, lors de la première réunion du Comité central du FPI nouvelle version, tenue au siège du parti, Abidjan-Cocody, Affi Nguessan a confessé, avec une lucidité qu’’il faut lui reconnaître, ceci : ‘‘L’année dernière (2021) s’est soldée par notre déroute aux législatives. Ce fut un échec mémorable, avec l’élection de deux députés seulement, SIA André et moi-même, alors que le FPI comptait trois députés sortants et qu’il ambitionnait de constituer un groupe parlementaire avec une quinzaine au moins de députés ‘’. Avant de justifier la déroute du FPI aux législatives de mars 2021. ‘’ Notre impréparation due en partie à mon incarcération, le lâchage en rase campagne de nos anciens alliés, la faiblesse de nos moyens matériels et financiers sont à l’origine de ce fiasco qui ne correspond en réalité pas à notre poids politique, au rôle que nous avions joué dans la désobéissance civile, à l’impact aussi qu’avait eu la participation du FPI à ce mouvement ‘’, expliquait l’ancien collaborateur de Laurent Gbagbo.
On annonce même une vague de défections de transfuges du FPI qui pourraient rejoindre le RHDP à l’approche de la présidentielle. Mais pour l’heure, le calme semble régner au sein du parti, malgré tout. Affi Nguessan réussira-t-il le pari de changer la face des choses pour relancer le FPI en faisant bonne figure lors du prochain scrutin présidentiel ? Le défi est de taille.
Le FPI présentera-t-il un autre visage à la faveur de l’élection présidentielle du 31 octobre 2025, avec la candidature d’Affi Nguessan? L’homme n’avait pas pu se présenter dans les urnes en 2020, en raison du double mot d’ordre de désobéissance civile et boycott actif de la présidentielle décrété par l’opposition. La suite fût une crise électorale sanglante qui fit 85 morts au moins, selon les chiffres officiels. Affi Nguessan aura donc l’occasion de montrer en octobre 2025 ce qu’il vaut à une élection présidentielle. Hélas, son parti, si l’on en croit les sources, ne présente pas le meilleur visage qui soit, à huit (7) mois de l’élection présidentielle.
Le FPI est aujourd’hui bien divisé. Le parti est traversé par deux courants qui s’affrontent. D’un côté, il y a la ligne de ceux qui militent pour un apparentement formel avec le camp présidentiel. Pour ceux-là, Affi Nguessan doit clairement conclure une alliance avec le président Alassane Ouattara et rejoindre la mouvance du pouvoir en place, tout en assumant ce choix. De l’autre, il y a ceux qui estiment que le FPI doit garder sa ligne de revendication originelle en restant au sein de l’opposition. Pour eux, une alliance formelle avec le pouvoir serait un mauvais compagnonnage qui desservirait le FPI en termes de crédibilité et d’image. Dans cette guerre, les partisans de la ligne de l’opposition auraient pris le dessus sur les tenants de l’alliance avec le pouvoir dont beaucoup ont été évincés des instances du FPI lors du dernier ménage fait par la direction du parti.
On annonce même une vague de défections de transfuges du FPI qui pourraient rejoindre le RHDP à l’approche de la présidentielle. Mais pour l’heure, le calme semble régner au sein du parti, malgré tout. Affi Nguessan réussira-t-il le pari de changer la face des choses pour relancer le FPI en faisant bonne figure lors du prochain scrutin présidentiel ? Le défi est de taille.
KKM/informateur.ci












