@informateur.ci- Depuis qu’il a pris le pouvoir en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré dirige le Burkina Faso comme une « épicerie familiale ». Et ce n’est pas la récente dissolution de la CENI qui fera dire le contraire.
Qui peut le plus peut le moins, dit l’adage. Ainsi, après avoir réduit quasiment au silence les partis politiques mis sous une véritable chape de plomb, le capitaine Ibrahim Traoré a franchi une nouvelle étape dans sa volonté de diriger le Burkina Faso sans contre-pouvoir. C’est ainsi que, le mercredi 16 juillet 2025, il a pris un décret en Conseil des ministres pour dissoudre, purement et simplement, la Commission électorale nationale indépendante ( CENI) qui apparaissait certainement à ses yeux comme un avatar de l’ordre ancien contre lequel il a décidé d’aller en guerre, initiant un semblant de révolution marquée essentiellement par un repli nationaliste qui tranche avec l’ouverture du monde induit par la mondialisation. Mais IB qui s’est découvert une « parenté idéologique » avec Thomas Sankara dont il entend perpétrer les méthodes, n’en a cure.
N’est-il pas le nouveau maître du pays des Hommes intègres? Alors, de même qu’il a dissout la CENI, sans que personne ne bronche, il pourrait pareillement mettre un terme à l’existence juridique des partis politiques devenus aphones et atones depuis que le tombeur du lieutenant-colonel Henri-Paul Damiba Sandaogo est aux commandes de l’Etat.
Il peut donc couper le cordon ombilical avec la France, ancienne puissance coloniale, pour se jeter dans les bras de la Russie de Poutine. Il peut aussi sortir de la Cedeao et faire le fier avec d’autres militaires putschistes d’autres pays comme le Mali et le Niger avec qui il a créé l’Alliance des États du Sahel ( AES). Ou, il peut également s’engager dans un (fumeux) projet qui vise à porter sur les fonts baptismaux une autre monnaie différente du FCFA.
N’est-il pas le nouveau maître du pays des Hommes intègres? Alors, de même qu’il a dissout la CENI, sans que personne ne bronche, il pourrait pareillement mettre un terme à l’existence juridique des partis politiques devenus aphones et atones depuis que le tombeur du lieutenant-colonel Henri-Paul Damiba Sandaogo est aux commandes de l’Etat.
C’est une éventualité qui est plus que probable vu qu’aucune formation politique n’a élevé la voix pour s’indigner du sort qui a été fait à la CENI qui est quand même une émanation de ces entités qui semblent avoir pris le douteux parti de regarder ailleurs, pendant que Ibrahim Traoré fait des siennes en faisant disparaître d’un trait de Bic cet organe qui symbolise la lutte des partis du Burkina Faso. Le problème, c’est que ce qui arrive à Makloklo peut aussi arriver à Maklakla.
Ainsi, les partis politiques ont des raisons de craindre pour eux-mêmes. Parce que la dissolution de la CENI (créée en 1998 et mise en place en 2001) est un signe avant-coureur de ce qui les attend s’ils assistent comme des spectateurs à tout ce que fait IB. Ils sont prévenus. Or, un homme averti en vaut deux, dit-on.
Alexandre LEBEL












