@Informateur- C’est avec un grand étonnement que les journalistes ivoiriens ont appris ce mardi 30 mars 2020, la convocation de deux d’entre eux.
Coulibaly Vamara, Directeur de Publication du Groupe Olympe, société éditrice des quotidiens Soir Info, l’Inter et du site Web linfodrome et Paul Koffi, directeur de publication du Journal d’opposition Le Nouveau Réveil sont attendus ce 31 mars 2020 à la section de recherche de la gendarmerie nationale.
Sur les convocations adressées aux deux hommes de média, on peut lire comme motif « enquête judiciaire ». Ce nouveau rendez-vous entre hommes de médias et gendarmerie nationale intervient quelques jours seulement après la condamnation de Cissé Sindou, Directeur du quotidien pro-Soro « Générations nouvelles » à 5 millions FCFA. C’était le 25 mars dernier. Cissé Sindou a été sanctionné par le tribunal pour « divulgation de fausses nouvelles » en lien avec l’épidémie de Coronavirus.
Avant Cissé Sindou, c’est le journal Le Temps qui, le 3 mars 2020 était frappé par la justice de la même condamnation à 5 millions FCFA. Motif: un titre à la Une du quotidien paru le 28 février 2020 ainsi libellé: « Fraudes au sommet, corruption… En seulement 10 ans, la Côte d’Ivoire est devenue un Etat voyou!» .La Côte d’Ivoire est donc en passe d’enregistrer en moins d’un mois 4 condamnations de journalistes si on imagine que les deux confrères convoqués ce jour ne vont pas échapper la sanction.
Au moment où l’autorité nationale de la presse (ANP) vient de changer de direction avec la nomination de Samba Koné, il est nécessaire que cessent les intimidations et autres procédures judiciaires contre les journalistes en Côte d’Ivoire pour laisser toute sa place à l’ANP afin de sanctionner les journalistes qui se se rendraient coupables de manquements à la profession.
Que cessent toutes les « auto-saisines » du Procureur de la République chaque fois qu’un article de journal ne plaît pas au sommet de l’Etat. Si le délit de presse a été dépénalisé, les sanctions financières semblent être devenus le moyen de pression des autorités sur les journalistes en Côte d’Ivoire.
A l’heure où toutes les énergies se doivent d’être orientées vers la lutte contre le coronarivus qui gagne du terrain dans le pays, cette convocation paraît très peu nécessaire. Les Hommes de média de leur côté comptent se faire entendre. Sam Wakouboué au nom de l’intersyndicale annonce dans ce sens un communiqué. « Harcèlement du Procureur contre les journalistes de Côte d’Ivoire . Demain la lettre syndicale de l’intersyndicale Trop c’est trop », a-t-il posté tard dans la nuit du 30 mars 2020 sur les réseaux sociaux.
Plusieurs confrères ont déjà annoncé qu’ils feraient le déplacement ce 31 mars à la gendarmerie nationale afin de soutenir les 2 hommes. Le tout, dans le strict respect des mesures imposées contre le Coronavirus.
Abraham KOUASSI












