@informateur-Le vendredi 10 mai 2024, l’ancien président Laurent Gbagbo a été officiellement investi par son parti, le PPA-CI, dans la perspective de la Présidentielle d’octobre 2025.
A cette occasion, l’homme qui aura 80 piges à cette échéance capitale, a promis de ne faire qu’un seul mandat, assurant, dans le même souffle, qu’il rendrait le pouvoir à ceux qui lui accorderont à nouveau leur confiance pour qu’il préside aux destinées de la Côte d’Ivoire. Comme il le fit pendant la période 2000-2010, que certains se plaisent à nommer la « décennie perdue ». A raison. Puisque ce fut une période brune qui culmina avec le bâillonnement de la presse de l’ex-opposition. De fait, qui ne se souvient du déchirage des journaux proches de cette opposition, sans compter le saccage des rédactions orchestré par les jeunes patriotes de triste mémoire, ces sbires qui furent pour le défunt régime de la Refondation ce que furent les « Tontons Macoutes » pour l’ancien pouvoir des Duvalier, en Haïti. Des hommes stipendiés commis aux basses œuvres, à la sale besogne. Ils furent une calamité pour la liberté de la presse. Mais pas que. Puisqu’ils ont également traumatisé de paisibles citoyens qui ont commis le péché de ne pas être de leur bord.
- Un refus de la contradiction
A la vérité, le pouvoir Gbagbo s’est singularisé par un refus de la contradiction qui a frisé la paranoïa. De sorte qu’il ne fallait pas entonner un autre chant que l’hymne au dieu Gbagbo, celui de qui tout procédait et à qui tout retournait. C’était une époque où pour vivre heureux, il fallait être du bon côté, celui des partisans du Woody dont la presse devait chanter les hauts faits d’armes. N’était-il pas comparé à Soudjata Kéita, le fils de Sogolon Kondé, la femme-mâle ou femme-buffle ? C’est le même qui veut remettre le couvert en 2025. Si cette ambition est légitime, en revanche, l’on ne peut faire l’économie de quelques questionnements de bon sens. On peut alors se demander pourquoi il a trahi les militants du FPI qui attendaient, entre impatience et curiosité, son retour après sa libération intervenue le 31 mars 2021? Oui, pourquoi n’a-t-il pas réunifié son parti qui était alors divisé entre modérés et faucons? A la vérité, s’il avait réussi cette gageure, l’histoire se serait écrite autrement. Parce qu’il aurait eu de vraies chances, avec un parti réconcilié et rassemblé autour de son mentor, de se lancer derechef à la (re)conquête du Graal. Pour sûr, une telle occurrence aurait donné des raisons de douter au Rhdp qui aurait compris qu’il n’est plus seul sur le pont.
- Contre toute attente et toute logique
Mais, contre toute attente et toute logique, Laurent Gbagbo a pris un autre chemin. Celui du schisme. Ainsi, comme mu par un mauvais génie, il a déconstruit, pierre après pierre, le FPI dont il symbolisait pourtant l’existence. Ce parti ne se confondait-il pas avec Gbagbo et inversement? Mais, ça c’était avant. Parce que depuis le 17 octobre 2021, le FPI a laissé la place au PPA-CI. Un changement de nom et de paradigme qui a montré ses limites à l’occasion des dernières consultations électorales (Regionales, Municipales et Sénatoriales) qui ont rabattu le caquet aux Papaciens qui n’ont engrangé que deux communes sur 201 possibles. Une misère. Si, dans l’absolu, la présidentielle est différente des scrutins locaux, ces derniers ne constituent pas moins un baromètre non négligeable de l’implantation d’un parti politique sur le territoire national.
- Le PPA-CI a du pain sur la planche
A cet égard, il est évident que le PPA-CI a du pain sur la planche. Pourra-t-il rattraper le gap à 17 mois de l’élection présidentielle ? Rien n’est moins sûr. Ce qui pourrait conduire à cet autre questionnement. Comment Laurent Gbagbo arrivera-t-il à se faire élire si son parti n’a pas réussi le maillage du quadrilatère éburnéen ? A l’évidence, poser la question, c’est y répondre. Puisqu’il n’y aura pas de nouveaux Ivoiriens en 2025. Les parkings étant partagés, comme on dit à Treichville. De quoi se poser également cette question : sur quoi compte donc le Séplou national en 2025 pour espérer rafler la mise et être en haut de l’affiche? D’autant qu’il a dispersé, on l’a dit, ses militants et sympathisants, comme des magnans, après son retour de la CPI. De sorte que le « FPI des origines » s’est cassé en mille morceaux difficilement raccommodables. Puisque chaque leader à la tête de chacune des factions sorties de l’ancien parti au pouvoir rêve d’être Calife à la place du Calife et tente, conséquemment, de tracer sa voie, sans atermoiements, ni louvoiements. Toute chose qui fait de la victoire de Gbagbo en 2025 une équation à mille inconnues. Autant parler de quadrature du cercle. Et c’est peu dire !
OM/Informateur.ci













