@informateur- Depuis l’avènement du jeune capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition, le Burkina Faso semble être entré dans une sorte de tourbillon avec d’un côté les soutiens au tombeur du lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba Sandaogo et de l’autre, ceux qui apprécient modérément les méthodes des nouvelles autorités décidées à faire entrer leurs compatriotes dans une sorte de pensée unique dont elles seraient les seuls « héros ».
Le Burkina Faso vit une situation pour le moins intenable sous la chape de plomb installée par la junte qui n’admet aucune voix dissonante. Pour preuve, tous ceux qui osent faire entendre un autre son de cloche que l’hymne à IB présenté comme le nouveau Prométhée sont d’office envoyés au front, s’ils ne sont pas mis en demeure de la boucler. De sorte qu’il n’y a désormais plus que les soutiens de la junte qui ont voix au chapitre.
Cela s’est particulièrement vérifié lors des Assises nationales qui ont rassemblé tous ceux qui chantent les louanges du capitaine Ibrahim Traoré. Les partis politiques sous le coup de suspension de leurs activités, n’ayant pas été réellement associés à ce grand raout partisan. Pas étonnant que tout cela se soit soldé par un blanc-seing accordé au tombeur de Paul-Henri Damiba Sandaogo qui en est reparti avec une rallonge de 5 ans accordée à la Transition. Avec en bonus, la possibilité pour toutes les autorités (président de la Transition, Premier ministre, président de l’Assemblée législative…) de se présenter aux prochaines consultations électorales. Une occurrence que dénoncent, mezza voce, les contempteurs de la junte militaire qui pointent un régime d’exception particulièrement liberticide.
- Ils affichent leurs opinions sans réserves sur les réseaux sociaux
On le voit, le Pays des Hommes Intègres est littéralement coupé en deux, entre partisans exaltés des militaires au pouvoir, et leurs détracteurs, ceux que le Chef de la Transition appellent volontiers les ‘’apatrides’’. Ces derniers étant bâillonnés, interdits de parole dans un pays pris en otage par les nouvelles autorités qui n’entendent pas lâcher prise. Beaucoup ont dû prendre le chemin de l’exil, hommes politiques, journalistes, ou encore activistes.
En Côte d’Ivoire, les leaders de la diaspora burkinabè sont aussi divisés sur la gestion de leur pays depuis l’intrusion des militaires sur la scène politique. Il y‘a d’un côté les laudateurs du capitaine putschiste qui ont fini par le mimer et d’un autre des leaders d’opinions très critiques qui refusent de subir les lubies d’une junte incapable de faire face à ses obligations régaliennes. Notamment, en matière de sécurité des personnes et des biens.
Si aucun des deux camps opposés n’a jamais tenu de meeting en faveur ou contre la junte à Abidjan, comme ce à quoi on a assisté par le passé sous les régimes passés (Blaise Compaoré et Roch Marc Christian Kaboré), ils ont transformé les réseaux sociaux en terrain de combat ; où les argumentaires contradictoires se font de plus en plus audibles.
D’autres leaders encore ont décidé de la jouer discrète pour ne pas se placer dans l’œil du cyclone vis -à-vis du régime de Ouaga mais aussi d’Abidjan qui scrute avec attention la position des uns et des autres. C’est la réalité que vivent les Burkinabè de la diaspora en Côte d’Ivoire depuis l’avènement des militaires au pouvoir.
JFF/Informateur.ci





