@informateur.ci- À compter du 1er janvier 2026, la France durcit sensiblement les conditions d’accès au titre de séjour pour les étrangers souhaitant s’installer durablement sur son territoire. En application de la loi sur l’immigration promulguée en janvier 2024, deux nouvelles évaluations deviennent obligatoires dans le cadre du Contrat d’intégration républicaine (CIR) : un examen civique et un test de maîtrise de la langue française.
Ces mesures visent à renforcer l’exigence d’intégration. Le test civique prend la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM) composé de 40 questions, à traiter en 45 minutes. Pour être admis, le candidat devra obtenir au moins 80 % de bonnes réponses, soit 32 réponses exactes. Les questions portent sur des thématiques telles que l’histoire, la géographie, la culture et les valeurs de la République française. Jugé exigeant par certains observateurs, ce test suscite déjà des critiques, certains estimant que même des citoyens français pourraient éprouver des difficultés à y répondre.
Parallèlement, les conditions linguistiques sont fortement renforcées. Alors qu’il suffisait jusqu’ici d’attester d’un suivi de cours de français, les candidats devront désormais valider un diplôme officiel, à leurs frais. Les niveaux requis varient selon le titre demandé : le niveau A2 (intermédiaire) pour une carte de séjour pluriannuelle, le niveau B1 (seuil) pour une carte de résident de dix ans, et le niveau B2 (avancé) pour une demande de naturalisation. L’État ne financera plus ces examens, dont le coût est estimé entre 100 et 200 euros.
«Le niveau va être élevé, il va y avoir une énorme sélection», avertit Olivier Pacaud, professeur bénévole de français, qui souligne l’importance d’accompagner et de rassurer les apprenants. Pour faciliter la préparation, des cours en libre accès sont proposés sur une plateforme numérique. L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) met également à disposition jusqu’à 600 heures de cours en présentiel pour les personnes en situation d’illettrisme ou de grand débutant à l’oral.
Un arrêté signé par Bruno Retailleau, peu avant son départ du ministère de l’Intérieur, précise le programme, les modalités d’organisation et les épreuves. Enfin, l’entretien d’assimilation en préfecture est maintenu, mais recentré sur l’adhésion aux valeurs républicaines. Ces nouvelles règles marquent un tournant majeur dans la politique française d’accueil et d’intégration.
Yannick KOBO













