@informateur.ci- Le gouvernement français envisage de franchir une nouvelle étape dans la réforme des droits d’inscription à l’université. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, souhaite étendre à l’ensemble des étudiants non ressortissants de l’Union européenne le principe des frais différenciés, déjà appliqué de manière partielle.
Actuellement, seuls 10 % des étudiants extra-européens sont concernés par ces tarifs majorés. Le projet vise à généraliser cette mesure, fixant les frais à 2 895 euros (environ 1,9 million FCFA) pour une licence et 3 941 euros (près de 2,6 millions FCFA) pour un master. À titre de comparaison, les étudiants français et européens continuent de payer respectivement 178 euros et 254 euros pour ces mêmes cursus.
Selon les autorités, cette réforme pourrait générer jusqu’à 250 millions d’euros de recettes annuelles pour les universités d’ici trois ans. Un apport financier jugé nécessaire dans un contexte de contraintes budgétaires et de sous-financement de l’enseignement supérieur.
Cependant, la mesure suscite une vive opposition au sein des organisations étudiantes. Union nationale des étudiants de France (UNEF) dénonce une politique qui risque d’exclure davantage les étudiants étrangers, notamment africains, en rendant l’accès à l’université française plus difficile.
Les syndicats évoquent une précarisation accrue et parlent d’une « mise à la porte définitive » pour de nombreux candidats internationaux. Ils accusent également l’État de transférer le poids du financement universitaire sur les étudiants étrangers, au lieu d’augmenter les investissements publics.
Ce débat relance la question de l’attractivité de la France auprès des étudiants internationaux, alors que le pays figure parmi les principales destinations académiques mondiales.
Djah OPELY












