@informateur.ci- Face à la décision des États-Unis d’instaurer à partir du 8 août des tarifs douaniers de 30 % sur plusieurs produits sud-africains, Pretoria a dévoilé un plan de réponse alliant soutien économique, diplomatie et diversification stratégique.
Présenté lundi, ce plan comprend un guichet spécial pour les exportateurs afin d’identifier de nouveaux débouchés, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Un programme d’aide à la compétitivité, incluant facilités de trésorerie et équipements industriels, est également prévu pour amortir le choc tarifaire.
Le Fonds d’appui à la production locale (LSF) sera mobilisé pour favoriser la substitution aux importations et renforcer l’industrie locale. Parallèlement, une dérogation temporaire à la loi sur la concurrence permettra aux entreprises exportatrices de coopérer pour mutualiser coûts logistiques et informations stratégiques.
Des mesures sociales visent à atténuer l’impact sur l’emploi. Le Fonds d’assurance chômage (UIF) est activé, alors que la South African Reserve Bank estime à 100 000 le nombre d’emplois menacés, en particulier dans les secteurs automobile et agricole. Déjà, les exportations de voitures vers les États-Unis ont chuté de plus de 80 %, et les producteurs de raisins, d’agrumes et de vins s’inquiètent.
Avec un taux de chômage atteignant 32,9 % au premier trimestre, Pretoria considère les tarifs américains comme injustifiés. Le gouvernement sud-africain dénonce une interprétation erronée de la balance commerciale bilatérale, omettant les excédents américains dans les services et les complémentarités industrielles entre les deux pays.
Le président Cyril Ramaphosa a fustigé une décision « unilatérale », rappelant que plus de 75 % des produits américains entrent en Afrique du Sud sans droits de douane. L’offre d’investissement et d’achat de gaz naturel liquéfié faite aux États-Unis en mai est restée sans suite.
Le contexte diplomatique pèse également : les tensions autour du dernier sommet des BRICS à Rio, les positions sud-africaines sur Israël et l’égalité raciale ont contribué à refroidir les relations.
Malgré tout, Pretoria affirme vouloir poursuivre le dialogue avec Washington tout en accélérant sa diversification vers d’autres marchés. La Zlecaf, les accords en cours avec l’UE et le Japon, ainsi que l’ouverture de nouveaux débouchés en Chine et en Thaïlande, sont autant de leviers pour compenser une perte de croissance estimée à 0,2 point.
Djah OPELY












