@informateur.ci- Au moins 82 personnes ont perdu la vie dans l’effondrement d’une mine d’or artisanale au Soudan, dans la région du Kordofan, a indiqué mercredi 16 septembre 2026 une source au sein des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent la zone. Plusieurs dizaines de personnes seraient encore portées disparues sous les décombres.
Le drame s’est produit mardi dans la mine d’Al-Zaraa, où les opérations de secours se poursuivaient avec des moyens limités. Selon la même source, une cinquantaine de personnes ont également été blessées. « Il reste un nombre indéterminé de personnes coincées sous les décombres », a-t-elle déclaré sous couvert d’anonymat.
À l’aube mercredi, les secouristes avaient déjà extrait les corps de 60 victimes. Vingt-deux autres dépouilles ont ensuite été récupérées au cours de la journée. Deux survivants ont raconté les efforts déployés durant toute la nuit pour retrouver d’éventuels rescapés et dégager les victimes.
«Nous avons besoin d’engins pour dégager la roche et la terre », a témoigné Khair al-Sayyed Jabara, soulignant les difficultés rencontrées par les équipes de secours.
Cette catastrophe intervient alors que les mines artisanales connaissent un afflux important de travailleurs depuis le début de la guerre au Soudan, en avril 2023. Le conflit oppose l’armée soudanaise aux FSR et a profondément fragilisé l’économie du pays. Face à la raréfaction des revenus, de nombreux jeunes se tournent vers l’extraction artisanale de l’or pour tenter de subvenir à leurs besoins.
Le Kordofan figure parmi les régions soudanaises riches en ressources aurifères. Dans de nombreuses exploitations informelles, les mineurs travaillent avec des outils rudimentaires et sans dispositifs de sécurité suffisants. Les effondrements sont fréquents, tandis que l’utilisation de produits toxiques, notamment le cyanure, fait également peser des risques importants sur les travailleurs et les populations locales.
L’or occupe une place centrale dans l’économie de guerre soudanaise. Les deux camps sont accusés de tirer des revenus du commerce de cette ressource. Des responsables soudanais et des acteurs du secteur minier affirment qu’une grande partie de l’or exporté, officiellement ou par des réseaux parallèles, est destinée aux Émirats arabes unis. Abu Dhabi rejette les accusations selon lesquelles il fournirait un soutien aux FSR.
Le Soudan demeure l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique. La Sudanese Mineral Resources Company avait annoncé en 2025 une production de 70 tonnes, présentée comme un niveau record depuis cinq ans.
En juillet, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé des sanctions visant certains acteurs liés au commerce de l’or soudanais. Londres estimait alors que cette activité représentait plusieurs milliards de dollars et contribuait au financement des armes et des groupes armés impliqués dans le conflit.
Djah OPELY












