@informateur.ci- La Sierra Leone a accueilli mercredi à Freetown un premier groupe de migrants expulsés des États-Unis, marquant ainsi son entrée dans le dispositif controversé de transfert de ressortissants étrangers vers des pays tiers africains. Selon des informations rapportées par l’AFP, un avion transportant 25 migrants originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest a atterri à l’aéroport international de Lungi, situé à proximité de la capitale sierra-léonaise.
Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu entre Washington et Freetown, prévoyant l’accueil d’un maximum de 300 migrants expulsés par an. Les personnes concernées seront exclusivement des ressortissants des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
À leur arrivée, un important dispositif d’accueil a été déployé. Des policiers, agents de santé, représentants du gouvernement sierra-léonais ainsi que des membres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) étaient présents sur le site pour superviser l’opération.
Le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Timothy Musa Kabba, a expliqué que son pays acceptait ces migrants en raison de leurs liens avec l’Afrique de l’Ouest. Il a précisé que certains disposaient d’anciens titres de séjour sierra-léonais. Selon lui, les personnes accueillies pourront rester jusqu’à 90 jours avant de regagner leur pays d’origine.
Pour soutenir ce programme, les États-Unis ont accordé un financement de 1,5 million de dollars, soit environ 848 millions FCFA. Cette enveloppe servira à couvrir les coûts humanitaires et logistiques liés à l’accueil des migrants.
La Sierra Leone rejoint ainsi plusieurs pays africains ayant déjà conclu des accords similaires avec Washington, notamment le Rwanda, le Ghana, le Cameroun ou encore la République démocratique du Congo.
Cependant, ces expulsions suscitent de vives critiques. L’ONG Human Rights Watch estime que ces accords, qualifiés d’opaques, contreviennent au droit international et mettent en danger les droits fondamentaux des migrants.
Djah OPELY












