@informateur.ci- Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition burkinabè, a reconnu dimanche les limites auxquelles son armée a été confrontée face à l’intensité du conflit sécuritaire que traverse le Burkina Faso depuis plusieurs années.
Dans une déclaration télévisée, le chef de l’État a expliqué que, lors de sa prise de pouvoir en septembre 2022, la réalité du terrain militaire était bien plus critique que ce qu’il imaginait. «Nous croyions que nous avions quand même un minimum d’armes et de munitions en stock. Mais en réalité, il fallait tout reprendre : rééquiper, redoter l’armée en effectifs, en armement et en logistique», a-t-il confié.
Selon Ibrahim Traoré, l’objectif initial de sécuriser le territoire en l’espace de trois mois aurait pu être atteint si ces conditions préalables avaient été réunies. « Les soldats ont fait preuve de courage, mais il manquait les moyens nécessaires pour tenir une telle promesse», a-t-il ajouté.
Cette sortie intervient alors que le Burkina Faso marque, ce 30 septembre 2025, le troisième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré, à la suite d’un coup d’État militaire. Depuis, son gouvernement a placé la question sécuritaire au cœur de ses priorités, avec une stratégie axée sur la reconquête du territoire, la mobilisation de volontaires pour la défense de la patrie et la volonté de renforcer l’autonomie du pays en matière d’armement.
Néanmoins, malgré certains succès militaires annoncés, la menace terroriste reste persistante, particulièrement dans le nord et l’est du pays. Les attaques continuent de provoquer des déplacements massifs de populations, mettant à rude épreuve l’État et ses ressources.
En reconnaissant les difficultés rencontrées, Ibrahim Traoré tente de dresser un bilan réaliste de ses trois années de gouvernance. Son discours vise à rappeler que les promesses de libération rapide du territoire étaient conditionnées par une meilleure préparation matérielle et humaine de l’armée.
Pour de nombreux observateurs, ces propos traduisent à la fois une forme d’autocritique et un message politique destiné à maintenir la mobilisation nationale autour de l’effort de guerre, alors que la transition se poursuit sans calendrier électoral précis.
Yannick KOBO












