@informateur.ci- Le président de la transition en Guinée-Bissau, le général Horta Inta-a, a procédé au limogeage de deux membres de son gouvernement, dans un contexte politique marqué par de fortes tensions depuis le renversement de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló.
Le ministre de l’Intérieur, ainsi que le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, ont été démis de leurs fonctions. António Suca Ntchama et Fidelis Forbs ont été désignés pour leur succéder à la tête de ces deux départements.
Aucune justification officielle n’a été avancée dans le décret présidentiel annonçant ces changements. Toutefois, ce remaniement intervient alors que les autorités de transition font face à des soupçons de manœuvres politiques visant à favoriser le retour ou le maintien de réseaux proches de l’ancien chef de l’État.
Les deux ministres limogés étaient en effet réputés proches d’Umaro Sissoco Embaló, renversé par les militaires et contraint de quitter le pays. Leur éviction intervient ainsi dans un climat de méfiance croissante entre les autorités militaires, les partisans de l’ancien président et les acteurs de l’opposition civile.
Umaro Sissoco Embaló avait récemment annoncé son intention de retourner en Guinée-Bissau à partir du 4 octobre afin de participer à l’élection présidentielle. Cette perspective a été fermement rejetée par le Haut Commandement militaire, qui a invoqué des considérations sécuritaires et maintenu son opposition à son retour sur le territoire national.
Le limogeage des deux ministres apparaît dès lors comme un nouveau signal du durcissement des autorités de transition. Celles-ci cherchent à renforcer leur contrôle sur l’appareil d’État et à prévenir la constitution de réseaux susceptibles de remettre en cause leur pouvoir.
Cette situation intervient alors que la Guinée-Bissau traverse une période particulièrement sensible à l’approche des prochaines échéances électorales. Les tensions entre la junte, les soutiens de l’ancien président et l’opposition civile alimentent les inquiétudes quant à l’évolution de la transition politique.
La situation est également suivie avec attention par les organisations régionales, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), préoccupées par le risque d’une nouvelle dégradation de la stabilité politique et sécuritaire du pays.
À mesure que se rapprochent les échéances électorales, la capacité des autorités de transition à garantir un processus politique inclusif et apaisé demeure ainsi au cœur des préoccupations en Guinée-Bissau.
Djah OPELY












