@informateur.ci- L’Éthiopie s’apprête à franchir un cap historique dans le transport aérien. Le 11 août 2025, le gouvernement éthiopien a conclu un accord de partenariat stratégique avec la Banque africaine de développement (BAD) pour mobiliser 8 milliards de dollars sur les 10 milliards nécessaires à la construction du futur aéroport international de Bishoftu. Ce projet d’envergure ambitionne de hisser le pays au rang des principaux hubs aériens mondiaux.
Situé à 40 km au sud d’Addis-Abeba, Bishoftu prévoit d’accueillir 60 millions de passagers dès son ouverture, avec une capacité d’extension à 110 millions. Côté fret, l’infrastructure pourra traiter jusqu’à 3,73 millions de tonnes par an, un volume qui la placerait aux côtés des plateformes géantes de Dubaï, Istanbul ou Singapour. «Cette signature marque une étape décisive vers la réalisation d’une passerelle panafricaine de classe mondiale qui stimulera le commerce intra-africain, l’intégration régionale, le tourisme et la connectivité mondiale», a déclaré Mesfin Tasew, PDG d’Ethiopian Airlines, lors de la cérémonie officielle présidée par Akinwumi Adesina, président de la BAD.
Le projet s’appuie sur le succès grandissant d’Ethiopian Airlines, seule compagnie africaine classée parmi les grandes compagnies mondiales. Avec 75 ans d’existence, un chiffre d’affaires record de 7,6 milliards de dollars au 30 juin 2025 (+8 % sur un an) et 19 millions de passagers annuels, la compagnie nationale a été élue pour la septième année consécutive “Meilleure compagnie aérienne d’Afrique” par Skytrax.
L’actuel aéroport de Bole, saturé, sera désormais réservé aux vols domestiques, tandis que Bishoftu concentrera tout le trafic international selon une stratégie de hub and spoke à l’échelle continentale. Les travaux de terrassement débuteront fin 2025 pour une mise en service en novembre 2029. Le projet inclut également une “ville aéroportuaire” intégrant centres commerciaux, hôtels, espaces de loisirs et liaisons ferroviaires rapides vers Addis-Abeba.
La BAD, qui investira directement 500 millions de dollars, agira comme arrangeur principal pour mobiliser 7,5 milliards supplémentaires auprès d’investisseurs internationaux. Cette structuration “blended finance” illustre la volonté africaine de mener de grands projets avec moins de dépendance vis-à-vis des bailleurs traditionnels.
Ethiopian Airlines a aussi prévu un budget de 350 millions de dollars pour la réinstallation des communautés impactées, signe d’une approche plus responsable du développement.
Si le pari de Bishoftu est réussi, l’Éthiopie pourrait non seulement redessiner les flux aériens intercontinentaux, mais aussi affirmer l’Afrique comme un acteur clé de l’aviation civile mondiale.
Yannick KOBO












