@informateur.ci- Au moins 139 migrants, dont plusieurs enfants, ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large de Djibouti, alors que plusieurs dizaines de personnes restent portées disparues. Le drame s’est produit dans la nuit de jeudi à vendredi, près de Gehere, au nord d’Obock, sur l’une des principales routes migratoires reliant la Corne de l’Afrique au Yémen.
Le bilan, initialement établi à 109 morts, s’est alourdi après la découverte de 30 nouveaux corps, a annoncé dimanche 11 octobre l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent avec les autorités djiboutiennes.
Selon les témoignages recueillis auprès des survivants, l’embarcation transportait environ 350 personnes lorsqu’elle a chaviré. Plus de 80 migrants ont survécu à l’accident. Tous sont de nationalité éthiopienne, selon l’OIM.
Parmi les victimes recensées dans le premier bilan figuraient 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants, dont neuf filles et six garçons. L’OIM prend actuellement en charge 64 rescapés dans son Centre d’aide aux migrants d’Obock. Ils y bénéficient notamment de soins médicaux, d’un hébergement temporaire et d’une assistance alimentaire.
«Cette tragédie nous rappelle brutalement les dangers auxquels sont exposés les migrants le long de cette route migratoire », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti. L’organisation appelle à renforcer les moyens consacrés aux opérations de sauvetage et à l’aide humanitaire, tout en plaidant pour l’ouverture de voies de migration plus sûres.
L’Union africaine a également exprimé sa «profonde tristesse» après le naufrage. Son président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à lutter contre le trafic de migrants et à s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière.
Chaque année, des dizaines de milliers de personnes, principalement originaires d’Éthiopie et de Somalie, traversent Djibouti avant de franchir le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre le Yémen et tenter d’atteindre les pays du Golfe.
Entre janvier et le 1er octobre 2026, l’OIM a recensé environ 178 000 arrivées de migrants éthiopiens à Djibouti. En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou portés disparus sur cette «route de l’Est», malgré les risques liés aux traversées maritimes et à l’instabilité au Yémen.
Djah OPELY












