@informateur.ci- Le Cameroun s’apprête à mobiliser d’importantes ressources financières pour faire face à ses engagements budgétaires et soutenir ses projets de développement. Par décret signé le mercredi 21 janvier 2026, le président Paul Biya a autorisé le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, à contracter de nouveaux emprunts pour un montant plafond de 1 650 milliards FCFA, soit plus de 2,9 milliards de dollars.
Selon le texte officiel, cette enveloppe est destinée à la fois au financement de projets structurants et à l’apurement des « restes à payer » de l’État, c’est-à-dire des dettes accumulées auprès des fournisseurs et prestataires de services publics. L’objectif affiché est de réduire les arriérés intérieurs qui pèsent sur la trésorerie des entreprises et freinent l’activité économique.
Dans le détail, l’essentiel des ressources, soit 1 000 milliards FCFA, sera recherché sur les marchés financiers internationaux. Le marché intérieur contribuera à hauteur de 400 milliards FCFA à travers des émissions d’obligations du Trésor, tandis que 250 milliards FCFA proviendront de prêts contractés auprès d’organismes privés locaux.
Cette nouvelle opération d’endettement intervient dans un contexte de progression continue de la dette publique. D’après la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’encours de la dette du Cameroun atteignait 14 591 milliards FCFA à fin septembre 2025, en hausse de 2,6 % sur un an. Rapportée au produit intérieur brut, cette dette représente 43,9 % du PIB, un niveau encore inférieur au plafond communautaire de 70 % fixé par la Cemac.
Toutefois, malgré ce ratio jugé soutenable au regard des normes régionales, les partenaires financiers internationaux demeurent vigilants. La Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international estiment que le risque de surendettement reste élevé. Ils pointent notamment le poids croissant du service de la dette et la dégradation de certains indicateurs clés, tels que les ratios liant le service de la dette aux recettes budgétaires et aux exportations, qui exercent une pression accrue sur les finances publiques camerounaises.
Djah OPELY













