‘@Informateur- L’isolement de la Russie par les occidents en réponse à l’invasion de l’Ukraine laisse entrevoir inexorablement la constitution d’un boc anti-occidental aussi puissant économiquement et militairement. Deuxième puissance économique par son produit intérieur brut, et alliée stratégique de la Russie, la Chine pourrait devenir le chef de file économique de ce nouvel ordre avec la Russie comme bouclier militaire.
Avec un peu plus de 100 milliards d’euros d’échanges commerciaux, l’axe sino-russe qui se développe depuis quelques années pourrait se renforcer dans les mois à venir et conférer à Vladimir Poutine une bouée de secours contre les sanctions massives des occidentaux. Faut-il rappeler que depuis 2018 la Russie et la Chine ont entamé de gros projet de livraison du gaz russe entre Gazprom et le chinois CNPC. Projets opérationnels aujourd’hui et qui font de la Chine le premier partenaire commercial de la Russie.
Déjà moins dépendante de l’Europe depuis la guerre de Crimée en 2014, la Russie, considérée comme la 11é économie mondiale, avait imposé un embargo sur les produits alimentaires européens. Elle a su ces dernières années, par ailleurs, combler ses besoins avec d’autres partenaires. La Russie s’appuiera sur les échanges avec les pays de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique.
Et comme l’économie seule ne suffit pas pour être une véritable puissance, la Russie et la Chine pourraient susciter une alliance stratégique miliaire calquée sur le modèle de l’OTAN, avec d’autres pays qui voient d’un mauvais œil l’hégémonie occidentale. Si ce projet venait à être porté par Vladimir Poutine en représailles aux sanctions des occidentaux, l’Iran, 14é puissance militaire mondiale, l’Inde, 3é économie mondiale, le Venezuela, la Syrie et bien d’autres pays non moins importants pourraient rejoindre ce bloc.
L’occident pourrait alors dire adieu à son projet de dénucléarisation. Puisque la Russie ambitionne de nucléariser la Biélorussie, anciennement membre des 15 pays formant l’Union soviétique. Si la guerre qui se joue en Ukraine est considéré par des analystes comme l’échec de la diplomatie internationale, elle est également en train de redessiner un nouvel ordre mondial que les mauvaises langues qualifient d’un côté les bons et de l’autre les mauvais.
Alfred SIRIMA












