‘@Informateur- Comme nous l’écrivions dans notre précédent article intitulé «Ukraine : La Russie ouvre les hostilités et promet une riposte à toute interférence extérieure», les Etats-Unis et leurs alliés de l’Europe n’ont que les sanctions comme moyens de coercition contre la fédération de Russie. Aussi puissante que l’organisation de l’Atlantique nord (Otan) se proclame depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, elle n’est pas préparée à une guerre contre la Russie qui sera dévastatrice non pas seulement pour les pays en conflit mais pour le monde. Contrairement à Vladimir Poutine, l’Otan ne peut que bander les muscles en espérant que le train de sanctions contre la Russie ramollisse l’ardeur belliqueuse du chef du Kremlin. Ce qui est moins sûr.
En effet, en moins de 24 heures l’Union européenne a ciblé 70% du marché bancaire russe qu’elle a sanctionné quand les Etats-Unis gelaient les actifs des deux plus grandes banques russe, Sberbank et VTB Bank et une dizaine d’autres entreprises comme Gazprom qui ne peuvent plus lever des fonds sur les marchés. L’objectif étant de frappe durement le portefeuille russe. Toutes ces sanctions, faut-il le préciser, n’ont aucun effet immédiat sur la situation qui prévaut actuellement dans le Donbass et en Ukraine. Ces effets sont attendus dans le long terme. Entre-temps, la Russie aura atteint son objectif et consolider dans les semaines voire les mois à venir ses positions comme elle l’a fait hier pour la Crimée face à la mollesse des occidentaux.
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A la vérité les sanctions tout azimut qui pleuvent sur la Russie n’est rien d’autre que la seule expression qui donne aux occidentaux encore le sentiment d’exister dans cette crise ; la seule expression qui couvre leur impuissance devant ce qui se déroule en Ukraine. Pourtant ces sanctions, aussi sévères soient-elles, éprouveront certes la Russie, mais ceux qui prennent ces sanctions en paieront également le prix d’une manière ou d’une autre. Point besoin de rappeler, à cet effet, que l’économie mondiale est interdépendante.
Le manque à gagner pour la Russie dont la résilience n’est plus à démontrer, se traduira également chez les occidentaux par une crise énergétique et un bouleversement majeur des marchés financiers. Tous en paieront donc le prix. La Russie ne paiera pas seule, les sanctions des occidents. Il y aura inévitablement un effet boomerang.
C’est le lieu de revoir, si l’on veut prévenir d’autres crises de cette ampleur et éviter de mettre en péril la coexistence pacifique du monde, le rapport de chaque puissance avec le droit international. Quand les Etats-Unis peuvent s’arroger le droit d’attaquer sous de fallacieux prétextes l’Irak, quand la France peut allier l’Otan à sa cause contre la Libye, quand encore des occidentaux peuvent armer et soutenir des rebelles contre le régime syrien, on crée ainsi des précédents qui peuvent inspirer d’autres puissances. L’injustice appellera toujours l’injustice et la violence engendrera toujours la violence.
Alfred SIRIMA












