‘@informateur- Organisées le samedi 02 septembre 2023, les élections municipales et régionales ont donné leur verdict quelques jours plus tard. Mais, alors que la victoire de certains candidats était déjà connue, le Conseil d’Etat, organe supérieur de l’ordre administratif en charge de vider les contentieux dont il a à connaitre, a invalidé plusieurs résultats sans donner les motifs qui ont conduit à cette situation dont le caractère ‘’cavalier’’ n’aura échappé à personne.
Le caractère ‘’cavalier’’ de l’annulation de certains résultats des élections locales du 02 septembre 2023, décidée par le Conseil d’Etat, apparait clairement dans le cas de Tiassalé où le maire sortant, Assalé Tiémoko s’est vu ‘’spolié’’ de sa victoire, alors que, objectivement, rien ne laissait présager pareille issue. Outré par la décision de l’institution, ce dernier s’est fendu d’une tirade où il laisse éclater sa colère et son amertume. Mais aussi son espoir de voir les électeurs confirmer leur vote dans 3 mois. Il y a aussi d’autres circonscriptions où les élections ont été annulées. Purement et simplement. Sans que le Conseil d’Etat soit en mesure de donner les raisons qui ont motivé sa décision qui en a surpris plus d’un. Et pour cause, c’est bien la première fois que l’on assiste à un tel cas de figure avec des annulations en cascades. Comme si les conseillers d’Etat voulaient renvoyer la CEI à sa copie. Histoire de montrer que celle-ci ne sait pas ce qu’elle fait, elle qui a organisé le scrutin et proclamé provisoirement les résultats de ce double scrutin.
A la vérité, la décision du Conseil d’Etat pose problème, en ce que l’institution a annulé certains résultats sur une base difficilement défendable au regard de la nature des réclamations dont certaines cachent difficilement le manque de fair-play de leurs auteurs. Suivons le maire sortant, Assalé Tiémoko qui estime qu’il est victime d’une injustice : ‘’Ils ont donc annulé l’élection à Tiassalé. J’en prends acte, même si je ne connais pas encore les motivations juridiques de cette annulation et cela, d’autant plus qu’aucun des griefs formulés par le perdant n’est un motif suffisant d’annulation de l’élection, selon la CEI et mes avocats’’, assène-t-il pour sa défense.
On le voit, l’organe dirigé par le magistrat hors hiérarchie Patrice Yao Kouakou semble faire le jeu de certains candidats qui ont perdu les élections mais refusent d’accepter le verdict des urnes. Un jeu dangereux qui pourrait lui enlever tout crédit. Et c’est peu dire.
En effet, pour en revenir au cas du maire sortant de Tiassalé qui fait le ‘’buzz’’ en raison de sa médiatisation, comment expliquer que le ‘’retard accusé dans la fermeture de certains bureaux de vote’’ ait pu entacher la sincérité du scrutin ? C’est incompréhensible, pour dire le moins. Le Conseil d’Etat envoie ainsi un message subliminal à tous les candidats aux élections locales en Côte d’Ivoire. A savoir qu’il ne suffit plus de battre campagne auprès des électeurs. Il faut aussi prier pour que le Conseil d’Etat n’intervienne pas pour remettre la balle au centre. Sans d’autres raisons que son bon vouloir.
En tout cas, c’est le sentiment qui se dégage de tout ce à quoi l’on assiste actuellement avec l’entrée en scène de cet organe qui semble se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. C’est fâcheux.
Ousmane MODIBO












