‘@informateur-Arrivé au pouvoir au terme d’une ‘’révolution de palais’’ qui a emporté le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le capitaine Ibrahim Traoré est à l’épreuve de l’insécurité qui a justifié son intervention, en septembre 2022.
Lorsqu’il a pris les rênes du pouvoir, le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré, auteur d’un putsch dans le putsch, a laissé entendre, avec cette assurance que confère le pouvoir, qu’il ferait rendre gorge aux djihadistes qui ont mis le pays des Hommes Intègres sous coupe réglée, en seulement 3 mois.
Dans le même souffle, le nouvel homme fort de Ouagadougou avait dénoncé le déficit de moyens logistiques dont pâtiraient, sous son prédécesseur, les forces de défense et de sécurité. Au nombre des griefs faits au tombeur de Roch Marc Christian Kaboré, il convient d’ajouter la gestion du chapitre de la réconciliation qui visait, selon lui, à dérouler à nouveau le tapis rouge au président déchu, Blaise Compaoré que ce Sankariste bon teint ne sacquait guère.
- 6 mois après, le pouvoir du Capitaine IB est très fragile
Six mois et quelques poussières plus tard, le constat qui se dégage de sa gestion est implacable et amène l’observateur du drame burkinabè à s’interroger sur la pertinence de la présence du natif de Bondoukui à la tête de l’Etat en dehors de la fougue qui caractérise son jeune âge et du discours révolutionnaire dont une partie du peuple est admirateur. Qu’on en juge.
Les terroristes qui ont sanctuarisé le Nord de l’ancien empire Mossi l’occupent toujours en dépit des efforts de reconquête de l’armée. Au 31 décembre 2022, soit 3 mois après l’arrivée du Capitaine Ibrahim Traoré le Burkina Faso comptait 1,88 million de personnes déplacées internes. Ce chiffre est passé à 1,94 million au 31 janvier 2023, soit une augmentation de 3%. Ces statistiques qui ont certainement évolué négativement avec les déplacés de Tougouri en mi-mars vers Kaya, émanent du Secrétariat permanent du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR). Le retour des déplacés dans leurs villages sous IB reste encore improbable dans la mesure.
Que dire des soldats qui continuent de tomber dans cette guerre asymétrique. En effet, des djhadistes de l’État islamique dans le Grand Sahara, venus du Mali ont pris pour cible le 20 février un détachement de soldats à Tin-Akoff. Obligeant les militaires à se replier sur Markoye. Bilan au moins 19 soldats tués, plusieurs dizaines de disparus et une trentaine de blessés. Trois jours avant ce drame, 51 militaires avaient été tués dans une embuscade entre Déou et Oursi, près des frontières avec le Mali et le Niger. Une attaque dont l’ampleur des pertes humaines rappelle celle de l’attaque d’Inata en 2021. La série noire s’est poursuivie, le 26 février 2023, dans la commune de Partiaga où des groupes armés terroristes ont exécuté une soixantaine de civils.
- Ce régime est désormais exposé à tous les vents contraires
En dépit de l’acquisition de nouveaux équipements militaires, l’armée peine visiblement à endiguer l’activisme et la propagation des groupes terroristes. Pendant ce temps, le jeune maître de Ouaga fait montre d’une raideur qui jure avec la réalité du terrain ; traitant une frange de ses compatriotes d’apatrides. Un tel qualificatif venant du chef de l’exécutif n’est pas moins blâmable. Plus qu’une erreur, c’est une faute. Puisqu’il ouvre inutilement un front contre la liberté d’expression d’où il peut y laisser des plumes. Et c’est dans un tel contexte que le Conseil des ministres du 24 mars 2023 a acté la dissolution du Haut Conseil du Dialogue Social au motif que l’institution serait budgétivore.
Six mois après sa prise du pouvoir rien n’a changé sur le théâtre des opérations. C’est la même routine que sous Roch Kaboré et Paul-Henri Damiba. Dès lors que le capitaine Ibrahim Traoré n’a pas honoré ses engagements, entre autres, le délai de 3 mois pour bouter les djihadistes hors du territoire national, il n’est à l’abri de rien, les mêmes causes produisant les mêmes. Ainsi, ce qui a tué Maklakla, pourrait aussi envoyer Makloklo six pieds sous terre. C’est la loi du genre.
Il est vrai que le capitaine IB use du populisme comme d’une planche à billets pour masquer ses ratés et ses lacunes, mais une chose est sûre, l’armée burkinabè est désunie. Toute chose qui expose son pouvoir à tous les vents contraires. Wait and see, diraient les sujets de sa Majesté Charles III.
Ousmane MODIBO












