@informateur.ci- Depuis un certain temps, une crise larvée secoue l’Institut National de Formation des Agents de Santé (INFAS), établissement public chargé de la formation initiale et du perfectionnement des infirmiers, sages-femmes, maïeuticiens et techniciens supérieurs de santé.
La situation est telle que ces étudiants ne savent plus à quel saint se vouer, car malgré leurs plaintes et cris du cœur relatifs au paiement de leur bourse, soutenus sans relâche et avec engagement par Mme Pégine Mohiro, secrétaire générale nationale du syndicat ivoirien des sages-femmes et maïeuticiens (SYNISFM), ils n’ont pas encore eu gain de cause. Pire, certains d’entre eux identifiés comme des meneurs sont menacés de conseil de discipline, pour avoir réclamé leurs droits. Alors que cette bourse devrait leur permettre de suivre leur formation dans les meilleures conditions.
À ce jour, de nombreux étudiants avec qui nous avons échangé croulent sous le poids de loyers impayés, des difficultés pour des stages, pour se nourrir et se soigner. A L’INFAS, le paiement de la bourse est devenu une préoccupation et un casse-tête pour les étudiants. Et les mois d’impayés varient d’un apprenant à un autre et d’une banque à une autre. Toute situation qui laisse libre cours aux spéculations sur l’existence d’un réseau au sein de cet établissement. Des étudiants parlent même de 16 mois de bourse impayés. Le comble est que la direction générale de l’INFAS ne leur prête aucune oreille.
- 16 mois de bourse impayés
« Nous vivons actuellement une situation très difficile concernant la bourse des étudiants. Jusqu’à présent, personne ne sait clairement pourquoi la bourse est bloquée. L’administration dit qu’elle n’est pas responsable de la situation qui prévaut, et c’est le même son de cloche au niveau des banques. Quelles sont les responsabilités, nous n’en savons rien. La bourse des étudiants de l’INFAS est bloquée, et quand les étudiants veulent se plaindre, ils sont menacés de renvoi. », Explique un étudiant.
Par ailleurs, d’autres étudiants relèvent des anomalies dans le paiement des bourses : «Nous, étudiants sages-femmes et maïeuticiens affectés à la BHCI, nous attirons l’attention sur une situation préoccupante concernant le paiement de nos bourses. Les montants de la deuxième année n’ont pas été intégralement versés», dénoncent-ils. Selon eux, des retenues obligatoires de 50000 FCFA auraient été imposées par la Direction Générale de l’INFAS, sans explication claire.
Pour la troisième année, les étudiants rattachés à d’autres banques à Daloa ont été payés, tandis qu’à la BHCI, il leur est signifié que les fonds seraient encore bloqués à l’INFAS. Une situation qui crée une injustice dans le traitement de la bourse et suscite des inquiétudes.
- Les étudiants font face à des difficultés financières
Ainsi, par le biais de la secrétaire générale nationale du SYNISFM qui a pris à bras le corps cette lutte et qui est en quelque sorte l’interface entre les étudiants et l’administration, les étudiants exigent notamment, la clarification immédiate sur la destination des fonds et les raisons des retenues, le paiement intégral et sans délai des bourses dues, la mise en place d’une assurance santé pour les étudiants, et une enquête transparente sur la gestion des bourses, afin de restaurer la confiance.
La secrétaire générale nationale du SYNISFM, avec qui nous avons échangé au téléphone, fait d’autres dénonciations. L’administration a mis en place une « Caisse santé » payée obligatoirement à Trésor Pay pendant l’inscription : les Sages-femmes et Maïeuticiens payent 1000 FCFA, les étudiants de la première année payent 3000 FCFA pour certains et 10.000 FCFA pour d’autres. « Nous dénonçons les sommes exorbitantes exigées pour l’acquisition des documents avant accès aux amphithéâtres. Les montants varient entre 50.500 FCFA et 78.000 FCFA, selon les antennes de l’INFAS à travers le pays », a-t-elle déploré.
A l’en croire, certaines banques affirment avoir reçu les virements, mais attendent le mot d’ordre de la Directrice générale de l’INFAS pour payer la bourse aux étudiants. « Nous ne savons pas les clauses du partenariat entre l’INFAS et les banques », précise Mme Mohiro. Elle ajoute avoir déposé des courriers d’interpellation au ministère de la santé, au ministère de la fonction publique, à la Direction générale de l’INFAS et au cabinet du Premier ministre. Des courriers pour lesquels aucune suite n’a encore été donnée.
Yannick KOBO












