@informateur.ci- Les autorités sénégalaises ont annoncé avoir secouru 683 migrants au cours de trois opérations de sauvetage menées entre le lundi 22 et le samedi 27 septembre au large de Dakar. Ces interventions mettent en lumière l’intensification des départs de pirogues depuis la sous-région vers les îles Canaries, principale porte d’entrée vers l’Europe pour de nombreux Africains de l’Ouest.
La première opération de la semaine a eu lieu le 22 septembre. Ce jour-là, la marine nationale a porté assistance à 259 candidats à l’émigration irrégulière, interceptés à environ 100 km de Dakar. Trois jours plus tard, le 25 septembre, une nouvelle embarcation transportant 142 personnes a été secourue à 120 km de la capitale. Enfin, le samedi 27 septembre, 282 migrants supplémentaires ont été pris en charge « au large de Dakar », selon un communiqué diffusé par la marine sur le réseau social X.
Les trois pirogues provenaient d’« un pays voisin », sans autre précision. Ces derniers mois, les départs vers l’archipel espagnol se multiplient notamment depuis la Gambie et la Guinée, conséquence du renforcement des contrôles au Maroc, en Mauritanie et sur les côtes sénégalaises. « Ce déplacement des flux illustre l’adaptation permanente des routes migratoires face à la fermeture des passages », explique Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines, à InfoMigrants.
Mais choisir des points de départ plus au sud accroît les dangers. Les traversées vers les Canaries, longues de 1 500 km, durent entre quatre et sept jours, souvent dans des embarcations de fortune. Les migrants s’exposent à la faim, à la soif, aux naufrages et aux disparitions en mer. Les ONG alertent régulièrement sur les « bateaux fantômes », ces pirogues qui disparaissent sans laisser de traces.
Parallèlement aux opérations de sauvetage, les autorités sénégalaises poursuivent leur lutte contre les réseaux de passeurs. Le 25 septembre, la police a annoncé l’interpellation à Missirah (sud-ouest du pays) d’un homme suspecté d’organiser l’embarquement de 16 migrants gambiens. Selon l’enquête, ce réseau opérait entre la Gambie et le Sénégal, avec la complicité présumée d’intermédiaires locaux.
Les autorités multiplient ces arrestations.
Selon le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), près de 2 000 migrants ont été interpellés au premier semestre 2025, en même temps que 74 convoyeurs et 32 pirogues. « La surveillance renforcée des côtes commence à porter ses fruits », s’est félicité le secrétaire permanent du CILMI, Modou Diagne.
Malgré ces efforts, le Sénégal reste l’un des principaux pays de départ vers les Canaries.
En 2024, près de 12 000 Sénégalais ont tenté la traversée, selon la Sécurité nationale espagnole. Mais cette route demeure l’une des plus meurtrières : plus de 10 400 migrants sont morts ou portés disparus en 2024 en tentant de rejoindre l’Espagne, d’après l’ONG Caminando Fronteras.
Dans un contexte de chômage massif, de crise économique et de raréfaction des ressources halieutiques, beaucoup de jeunes Sénégalais continuent de risquer leur vie sur l’Atlantique, espérant trouver en Europe les opportunités qui leur manquent dans leur pays.
Djah OPELY












