@informateur.ci- Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, entend engager son pays dans une rupture historique avec la dépendance aux bailleurs internationaux. Lors d’une rencontre avec la diaspora à Milan, en Italie, il a dévoilé les grandes lignes du Plan de redressement économique et social (PRES) et de la Vision 2050, qu’il veut financer à 90 % grâce aux ressources internes du Sénégal.
Face à un déficit budgétaire de 12 % et une dette publique représentant 118 % du PIB, Sonko prône un recentrage des efforts sur l’autonomie financière. « Ce plan sera financé à 90 % par nos ressources intérieures et 10 % par le marché local. C’est une opération autonomie par rapport au financement étranger», a-t-il déclaré. Cette orientation s’appuie sur une réduction du train de vie de l’État, la centralisation des marchés publics, des économies dans la fonction publique et la mise en œuvre d’une justice financière pour solder les « crimes économiques du passé».
La diaspora sénégalaise, dont les transferts ont atteint 2 211 milliards de FCFA (près de 4 milliards de dollars) en 2024, occupe une place clé dans cette stratégie. Sonko a annoncé le lancement officiel, le jeudi 18 septembre 2025, des Bons Citoyens et Patriotiques, plus connus sous le nom de diaspora bonds. Ces obligations, offrant des rendements compris entre 6,40 % et 6,95 % sur des maturités allant de 3 à 10 ans, serviront à rembourser la dette et à financer les grands projets d’infrastructures.
Les représentants de la diaspora ont exprimé leur soutien, saluant les réformes déjà entamées, comme l’instauration de passeports de 10 ans, l’identité numérique et la création de cités de la diaspora. Ils y voient des mesures concrètes en faveur d’une meilleure inclusion.
Pour convaincre les investisseurs, le Premier ministre et le ministre des Finances ont rappelé le succès des précédents appels publics à l’épargne, qui ont permis de mobiliser plus de 700 milliards de FCFA, dépassant largement les objectifs.
Enfin, Ousmane Sonko a insisté sur la diversification des partenariats économiques, citant des ouvertures vers le Moyen-Orient, l’Asie et la Turquie, afin de réduire la dépendance aux bailleurs occidentaux. Il a conclu en appelant à un sursaut collectif : « La diaspora doit investir prioritairement dans son pays. C’est par le civisme, les sacrifices et l’unité nationale que nous transformerons cette crise en opportunité.»
Yannick KOBO












