@informateur.ci- En France, le président de la République Emmanuel Macron fait face au mouvement ‘’ Bloquons tout ‘’ initié ce mercredi 10 septembre 2025 pour paralyser les transports, les écoles et endroits névralgiques de la capitale Paris notamment.
Les manifestants entendent ainsi dire non à la politique sociale et économique du président Emmanuel Macron. C’est un baptême du feu presque instantané pour le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, précédemment ministre des Armées qui remplace à Matignon François Bayrou qui a été renversé avec son gouvernement le lundi 8 septembre 2025, à la suite du rejet d’un vote de confiance au Parlement en raison de son budget qui a été vomi à l’Assemblée nationale et ses mesures controversées. Les Français mécontents ont mené des actions à Paris et dans plusieurs villes françaises où des perturbations et blocages sont survenus dans les transports, sur des sites importants.
En face du mouvement, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a brandi la chicotte et mobilisé des dizaines de milliers de policiers à travers le pays. Les forces de l’ordre sont intervenues, tôt le matin, en dispersant à coups de gaz lacrymogènes, des foules qui avaient entrepris de paralyser des infrastructures essentielles dans plusieurs villes. Des affrontements se sont produits et se poursuivaient entre les manifestants déterminés et la police.
La situation reste tendue dans l’agglomération parisienne et en province car les manifestants, même repoussés et dispersés sur des sites stratégiques, se replient pour se réorganiser et revenir à la charge. Il faut le dire, la crise politique et la grogne sociale risquent de se prolonger en France car la nomination de Sébastien Lecornu, un autre macroniste pur et dur, à Matignon n’est pas du goût du bloc de gauche (majoritaire à l’Assemblée nationale) qui exige, à raison, depuis les législatives anticipées de 2024, un Premier ministre de Gauche.
Cela s’impose en France, selon les règles établies et le principe de la Cohabitation qui veut que le Président de la République qui perd la majorité au Parlement nomme le Premier ministre, non pas dans son propre camp, mais plutôt au sein de la formation ou du bloc qui est majoritaire. S’il s’entête à refuser cette tradition comme le fait Emmanuel Macron, la coalition majoritaire renverse, par une motion de censure à l’Assemblée nationale, le Premier ministre nommé au sein du camp présidentiel et le pays entre dans une crise institutionnelle avec des Premiers ministres éjectés dès qu’ils sont nommés et fait face à une instabilité gouvernementale.
Qui plus est, les mesures macronistes impopulaires que les Premiers ministres issus du camp présidentiel sont chargés d’appliquer sont à l’origine de la colère des Français qui exigent une autre gouvernance, avec des mesures plus sociales. C’est le cauchemar de Macron et malheureusement le drame de la France aujourd’hui.
Très hostile à l’idée d’une cohabitation avec la Gauche, le chef de l’Etat tient absolument à poursuivre le macronisme avec Sébastien Lecornu à Matignon. Mais il prend ainsi le risque de prolonger le blocage institutionnel et son cinquième Premier ministre (en moins de deux ans) a très peu de chances de rester longtemps à ce poste. D’autant plus que la Gauche et l’Extrême Droite et la France Insoumise estiment que cette nomination, qui est l’ultime ‘’ cartouche du macronisme’’ est une ‘’ triste comédie ‘’ qui va raviver ‘’ la colère sociale ‘’. Sébastien Lecornu va certainement, dans un climat politique délétère, être à son tour renversé au Parlement dans quelques semaines, sur fond de grogne sociale.
La réalité de l’actuelle législature en France est implacable : tant que Macron ne nommera pas un Premier ministre issu du bloc majoritaire au Parlement, en l’occurrence la Gauche, le pays ne sortira pas de la crise institutionnelle. Il n’y a pas d’alternative. Et Marcon le sait…
Maurice Konan KOUASSI












