@informateur.ci- L’ancien président congolais Joseph Kabila est sorti de son silence après la réquisition de la peine de mort prononcée contre lui, le 22 août 2025, par la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC). Jugé par contumace, il est accusé de complicité avec le groupe armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda, et fait face à de lourdes charges : trahison, complot, crimes de guerre, viols et apologie d’insurrection.
Dans un texte consulté par RFI et daté du 2 septembre, Kabila rejette catégoriquement ces accusations et s’en prend directement à son successeur Félix Tshisekedi. « Je parle non pas par faiblesse ni par crainte pour mon destin personnel, mais par profonde inquiétude pour l’avenir de mon pays », écrit-il. Il juge « illégale et inconstitutionnelle » la levée de son immunité par le Sénat en mai dernier et assure qu’aucune preuve tangible n’a été présentée pour soutenir les charges retenues contre lui.
Pour l’ancien chef d’État, ce procès n’est rien d’autre qu’une manœuvre politique. « Ces accusations mensongères et politiquement motivées sont orchestrées par un leadership désespéré d’échapper à ses propres responsabilités », déclare-t-il, avant d’ajouter : «Ce procès n’a rien à voir avec la justice. » Selon lui, l’objectif serait clair : réduire l’opposition au silence, écarter un acteur majeur de la scène nationale et ouvrir la voie à une modification de la Constitution en faveur du régime en place.
Joseph Kabila élargit ses critiques à la gouvernance actuelle. Il affirme que, ces quatre dernières années, « plusieurs dizaines d’officiers supérieurs de l’armée et de la police ont été arrêtés et détenus sans procès». Il accuse également la famille Tshisekedi et ses proches alliés d’être impliqués dans le pillage des ressources minières du Katanga.
Sur le plan régional, l’ex-président se montre sceptique face aux récents accords de paix signés avec Kigali. « En dépit d’un accord récemment signé avec le Rwanda, le sang continue de couler », dit-il, estimant que seule une réconciliation nationale par un « vrai dialogue » avec toutes les parties prenantes peut ramener la paix durable.
Du côté présidentiel, la riposte est ferme. Félix Tshisekedi refuse toute ouverture de discussions avec son prédécesseur, qu’il accuse de servir des intérêts étrangers. « Pas question », tranche son entourage, rappelant que le chef de l’État avait déjà dénoncé « ces Congolais à la solde des voisins qu’il faut combattre avec la dernière énergie ».
Djah OPELY












