@informateur.ci- En République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila subirait-il actuellement ‘’ le poids de la faute du père ‘’, Laurent-Désiré Kabila, qui arriva naguère par une rébellion soutenue par le Rwanda ? Pour mieux cerner la question, il faut noter que la peine de mort a été requise le vendredi 22 août 2025 à Kinshasa contre l’ancien Président de la République Joseph Kabila (2001 à 2019) dans son procès pour ‘’ crimes de guerre ‘’, ‘’ trahison ‘’ et ‘’ organisation d’un mouvement insurrectionnel‘’.
Le Ministère public a en outre demandé contre l’ancien dirigeant jugé par contumace des peines de vingt (20) ans de prison pour ‘’ apologie de crimes de guerre ‘’ et de quinze (15) ans de prison pour ‘’ complot ‘’ contre l’autorité de l’Etat. Le Ministère public reproche à Joseph Kabila d’être ‘’ le boss ‘’ du mouvement rebelle M23/AFD. En fait, l’actuel président Felix Tshisekedi est intimement convaincu que Joseph Kabila, fils à Président, fils biologique (parfois contesté) et héritier politique de son père Laurent-Désiré Kabila à qui il a succédé après son assassinat le 16 janvier 2001 à Kinshasa, est l’initiateur principal de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique du M23.
Aussi est-il accusé des atrocités attribuées aux éléments de la coalition AFC/M23 dans les Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. A en croire le Ministère public, Kabila fils agit ‘’ en intelligence avec le Rwanda ‘’ et avec des complicités au plan interne pour renverser le régime constitutionnel en perpétrant un coup d’Etat contre le Président Félix Tshisekedi qui lui a succédé en 2019 au terme d’une élection tendue. Joseph Kabila qui a quitté le pays en 2023, s’est fait entendre en 2024 en critiquant sévèrement la gestion de Félix Tshisekedi. Mieux, il a annoncé son retour en RDC en passant par le territoire sous contrôle du mouvement M23/ AFC. Il n’en fallait certainement pas plus pour éveiller les soupçons qui le hantent actuellement. Voici pour le contexte de son procès.
Mais Joseph Kabila ne serait-il pas marqué par ‘’ le poids de la faute ‘’ de son père Laurent Désiré Kabila qui, faut-il le rappeler, est lui-même parvenu au pouvoir après avoir renversé Mobutu Sese Seko (né Joseph-Désiré Mobutu) en 1997, à la tête du mouvement rebelle Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo AFDLC) avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda ? Si Kabila père qui était surnommé Mzee (le sage en langue swahili) jouissait du statut de ‘’Héros national ‘’ en RDC, il n’avait pas que des amis. Parmi ses principaux opposants se trouvait l’ancien Premier ministre de Mobutu (en 1993 et en 1197), Félix Tshisekedi, père de l’actuel président Etienne Tshisekedi. Félix Tshisekedi restera le plus farouche opposant aux Kabila -père et fils – jusqu’à sa mort en 2017. Voici le contexte de la rivalité entre l’ancien président et fils à président qui a perdu le pouvoir en 2019 ; et l’actuel Président et fils à Premier ministre aujourd’hui au pouvoir. Une rivalité héritée de leurs rivaux de pères.
Cette situation ne serait-elle pas en partie à l’origine de la stigmatisation de Joseph Kabila par le camp Tshisekedi qui pourrait considérer que celui qui a succédé à un père parvenu au pouvoir par le moyen d’une rébellion, ne peut envisager de reconquérir le pouvoir qu’il a perdu dans les urnes que par la même voie que le père dont il tient, c’est-à-dire par la rébellion ? Devrait-on penser que Joseph Kabila endure aujourd’hui le poids de la ‘’ faute ‘’ du père ? Le camp Tshisekedi tiendrait-il son coupable ? Le coupable idéal qui présenterait le parfait profil de cerveau de la rébellion? Celui qu’on aura toujours soupçonné ? Pas de procès d’intention ! Laissons la justice congolaise donner les bonnes réponses…
Maurice Konan KOUASSI












