@informateur.ci- Un pas historique vient d’être franchi dans la lutte contre le paludisme en Afrique. Pour la première fois, une formulation thérapeutique adaptée aux nourrissons de moins de cinq kilogrammes a obtenu une autorisation réglementaire. Cette avancée marque un tournant dans la protection des nouveau-nés contre une maladie qui reste l’une des premières causes de mortalité infantile sur le continent.
L’annonce a été faite cette semaine par l’Africa CDC (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies). Développée par Novartis et la Medicines for Malaria Venture (MMV) dans le cadre du consortium PAMAfrica, la nouvelle combinaison thérapeutique associe artéméther et luméfantrine. Présentée sous une forme soluble dans le lait maternel, légèrement sucrée, elle répond enfin aux besoins des bébés de très faible poids, jusque-là dépourvus de traitement sûr.
Jusqu’ici, les nourrissons de moins de 5 kg étaient particulièrement exposés au risque de surdosage, faute de médicaments adaptés. Cette innovation vient combler ce vide thérapeutique et devrait sauver des milliers de vies chaque année.
Huit pays africains, dont le Nigeria et le Kenya, ont participé aux essais cliniques. Ces recherches ont permis de tester l’efficacité et la tolérance de la nouvelle formulation dans des contextes réels, renforçant ainsi sa crédibilité scientifique.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large d’innovation en santé sur le continent africain, où les acteurs locaux et internationaux multiplient les collaborations.
Consciente de l’urgence sanitaire, Novartis s’est engagée à mettre ce traitement à disposition à un prix quasi non lucratif. L’objectif est de garantir un accès rapide et équitable, notamment dans les zones rurales où le paludisme fait des ravages. L’Africa CDC voit dans cette annonce une étape essentielle vers la réduction drastique de la mortalité infantile liée à la maladie.
Avec ce nouveau traitement, l’Afrique se dote d’un outil supplémentaire pour protéger ses enfants les plus vulnérables. Un espoir concret dans la bataille contre le paludisme, qui tue encore près d’un demi-million d’Africains chaque année, principalement des enfants de moins de cinq ans.
Yannick KOBO












