@informateur.ci- Maurice Kamto, ex-président du MRC, a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2025 sous la bannière du Manidem. Il affrontera Paul Biya, 92 ans, candidat à un 8e mandat.
L’opposant camerounais Maurice Kamto, ancien président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a déposé ce vendredi 18 juillet 2025 son dossier de candidature à l’élection présidentielle. Particularité de cette annonce : il portera les couleurs du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Ce revirement politique, inattendu pour certains, a été explicité lors d’une conférence de presse tenue le lendemain à Yaoundé.
Flanqué d’Anicet Ekane, président du Manidem, et de Jean-Michel Nitcheu, coordinateur de l’Alliance politique pour le changement (APC), Maurice Kamto a détaillé les raisons de cette nouvelle alliance, qui marque un tournant dans le paysage politique camerounais à la veille d’un scrutin décisif.«L’écrasante majorité des Camerounais n’en peut plus de la corruption, de la pauvreté, de la violence, du pillage économique et de l’abrutissement moral », a déclaré Anicet Ekane, justifiant le choix de Maurice Kamto comme porte-étendard de son parti. Et d’ajouter : « Nous avons une solution : le Manidem investit Maurice Kamto».
Pour Jean-Michel Nitcheu, la décision d’investir Kamto repose sur des bases solides et exemptes de tout intérêt personnel. «L’entente entre Maurice Kamto et le Manidem n’a jamais porté sur des questions financières. Aucun avantage matériel n’a motivé cette union politique », a-t-il affirmé, balayant toute idée de marchandage partisan.
Maurice Kamto, quant à lui, a exprimé sa gratitude envers ses nouveaux alliés. « Qu’il me soit permis ici de féliciter le Manidem, ses multiples militants et ses organes dirigeants, et de rendre un hommage appuyé à son président Anicet Ekane », a-t-il déclaré avec solennité.
Pour permettre cette candidature, Kamto a annoncé avoir officiellement démissionné de la présidence du MRC le 25 juin, avant d’adhérer formellement au Manidem deux jours plus tard. Ce changement d’étiquette politique s’inscrit dans une stratégie de coalition des forces d’opposition, face à un Paul Biya qui, à 92 ans et après 43 ans au pouvoir, a confirmé sa volonté de briguer un nouveau mandat.
Avec cette alliance inédite, l’opposition camerounaise espère créer une dynamique nouvelle et rassembler au-delà des appartenances partisanes. Le compte à rebours est lancé, et les regards sont désormais tournés vers le scrutin présidentiel d’octobre 2025.
Djah OPELY












