@informateur.ci- En Côte d’Ivoire, la Couverture Maladie Universelle (CMU), progressivement mise en place, développée, améliorée et promue avant d’entre rendue obligatoire, comprend deux régimes : un Régime Général de Base (RGB), contributif, à raison de 1 000 FCFA par mois et par personne, ainsi qu’un Régime d’Assistance Médicale (RAM), non contributif, pour les personnes démunies qui étaient exclues du système de santé. Il faut noter que tous les bénéficiaires du Programme » Filets sociaux productifs » seront pris en compte par le Régime d’Assistance Médicale. Le processus de ciblage des ménages indigents a débuté depuis 2017 et s’étend progressivement à l’ensemble des localités du pays pour s’achever en 2025.
A la fin de cette opération, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) aura un effectif de 2,5 millions de personnes à prendre en charge dans le cadre du Régime d’Assistance Médicale de la CMU. A ce jour, la Couverture maladie universelle franchit une étape avec plus de 17 millions de personnes enrôlées en Côte d’Ivoire. Cette progression représente 58% de la population nationale. Il faut le reconnaître, la CMU donne accès à une qualité de plateau technique et à des prestations qui se sont véritablement améliorées dans le système sanitaire public ivoirien.
« On a davantage cherché, pour des raisons politiques, à stigmatiser la CMU pour la flétrir, plutôt que de voir les avantages qu’elle offrait aux populations. Mais la réalité s’est imposée à tous. Dans un contexte de vie chère, la CMU est non seulement la couverture maladie des masses démunies aujourd’hui, mais profite aussi aux autres classes sociales ».
Mais la CMU aura souffert d’une stigmatisation politique qui qui tire sans doute ses origines de sa rivalité avec la défunte Assurance Maladie Universelle (AMU) qui avait été conçue dans le même esprit sous l’ancien régime dirigé par le président Laurent Gbagbo mais qui n’a pu être mise en œuvre. Au sortir de la tragique crise postélectorale de 2010-2011 et à l’avènement du président Alassane Ouattara, dans un contexte délétère, on a tôt fait de considérer ‘’la CMU de Ouattara‘’ comme une parodie de ‘’ l’AMU de Gbagbo ’’, estimant que les nouvelles autorités avaient ‘’volé l’idée‘’ de l’ancien régime.
Dans un débat passionné qui laissait de côté la question proprement dite des besoins des populations ivoiriennes en couverture santé, la CMU était cataloguée au plan régional, ethnique voire religieux et critiquée comme un ‘’projet douteux ’’du pouvoir en place, une assurance santé dont on prédisait l’échec. Beaucoup se sont même offusqués de la décision du gouvernement de rendre la CMU obligatoire et ont prononcé des diatribes acerbes contre les autorités en charge de sa gestion. Certains discours sont allés jusqu’à appeler ‘’les militants de l’opposition‘’ ivoirienne à ne pas adhérer à la CMU qui est l’assurance maladie des ‘’militants du parti du pouvoir‘’. Au milieu de la polémique politicienne, on a oublié la vraie question de la santé des Ivoiriens, et on n’a pas eu le temps de voir avec lucidité les avantages de la CMU, les progrès réalisés au niveau de la qualité du plateau technique et de la modernisation du système sanitaire ivoirien.
On a davantage cherché, pour des raisons politiques, à stigmatiser la CMU pour la flétrir, plutôt que de voir les avantages qu’elle offrait aux populations. Mais la réalité s’est imposée à tous. Dans un contexte de vie chère, la CMU est non seulement la couverture maladie des masses démunies aujourd’hui, mais profite aussi aux autres classes sociales. La preuve que la santé n’a pas d’appartenance politique, régionale, ethnique ou religieuse. Elle est l’affaire de tous, sans aucune distinction.
KKM/informateur.ci












