@informateur- Arrivé au pouvoir, le 30 septembre 2022, suite à un putsch qui a évincé le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba Sandaogo, le capitaine Ibrahim Traoré se pique de jouer les révolutionnaires à la Thomas Sankara. Dans cette dynamique, il s’est lancé dans une vaste entreprise de fumisterie qui vise à le maintenir à Koulouba où il a pris ses quartiers entouré de son cercle familial, le regard rivé sur la Côte d’Ivoire dont il a identifié le président, Alassane Ouattara, comme un ‘’ennemi’’.
Pour comprendre ce qui se passe au Burkina Faso, il ne serait pas inutile de mettre à nu la gestion du capitaine Ibrahim Traoré qui a pris le pouvoir par les armes, le 30 septembre 2022. 3 ans plus tard, cet homme qui se définit comme un admirateur de Thomas Sankara dont il a pris la gestuelle par mimétisme, se démarque pourtant de ce dernier par sa gestion. Puisqu’il se fait entourer par sa famille (son grand frère, son petit frère et son oncle), au contraire de son idole qui avait éloigné les siens des cercles du pouvoir.
L’aîné, Inoussa Traoré, a été, dès l’accession au pouvoir de son frère, nommé ‘’Haut Représentant’’ du président, un poste non prévu officiellement mais qui fait de son titulaire un vice-président de fait, avec des rôles officiels désormais connus. Le frère cadet Kassoum Traoré n’a, lui, officiellement, aucune fonction. Mais son bureau ne désemplit pas.
Inoussa aide le président dans les fonctions politiques. Il dirige un ‘’shadow cabinet’’, qui réunit régulièrement les poids lourds du gouvernement pour délibérer sur les dossiers difficiles et préparer les décisions présidentielles. Inoussa Traoré est aussi l’interface du capitaine avec les hommes d’affaires et les partenaires spéciaux du pays. Il a installé pour cela un ministère des Affaires étrangères bis. Il fait et défait les ministres. C’est ainsi qu’il a fait débarquer la ministre des Affaires étrangères, Mme Rouamba, alors que celle-ci était en mission hors du Burkina. Son jeune frère, Kassoum, lui, gère la rue. Il anime et entretient une myriade d’organisations de la société civile que les Burkinabè appellent les ‘’Wanyiya’’, du mot d’ordre de ralliement des partisans du capitaine, mobilisés depuis le mois de septembre 2023.
Promu général de brigade au dernier trimestre 2023, son oncle Kassoum Coulibaly était jusqu’à l’avènement de son neveu un officier sans relief, connu plutôt pour ses frasques sur les réseaux sociaux sous le surnom de ‘’Coul Kass’’. Nommé ministre d’Etat en charge de l’armée dès le premier gouvernement d’Ibrahim Traoré, il a pour mission de maîtriser les officiers supérieurs.
Le capitaine Ibrahim Traoré vient de mettre la justice au pas sans coup férir par une révision constitutionnelle qui remet les procureurs sous la férule du ministre de la Justice, alors qu’après l’insurrection de 2014, le Burkina Faso avait osé une réforme audacieuse de la justice. Tous les magistrats, y compris les procureurs, échappaient à la tutelle du ministère, une situation inédite en Afrique. Des juges qui n’obéissent pas : cela n’était plus supportable pour le capitaine Ibrahim Traoré qui veut mettre tout le Burkina sous sa coupe. La réforme de la Constitution lui permet désormais de dicter ses volontés aux juges et de légaliser les enlèvements de dissidents qui commençaient à devenir problématiques pour le régime.
Voilà l’image et la gestion de ce capitaine qui a fait de la déstabilisation du pouvoir d’Abidjan l’une de ses priorités. A la vérité, IB a décidé de confisquer la transition pour régler des comptes. Notamment, faire tomber le président Alassane Ouattara pour qui il nourrit une aversion particulière. Et cette (douteuse) mission, il semble l’avoir confiée à son aîné Inoussa qui ne se gêne plus pour appeler ouvertement à la chute du président ivoirien.
IB se moque visiblement de ses compatriotes qui l’attendaient avec une impatience non feinte sur la lutte contre le terrorisme qui a justifié, pour partie, le putsch qui l’a porté au pouvoir. Mais, voilà qu’il s’attaque au puissant voisin du sud où vivent quand même plus de 3 millions de Burkinabè. Une occurrence qui place ces derniers dans une situation dilemmatique. Et pas qu’un peu.
OM/Informateur.ci












