@informateur- Le dimanche 08 décembre 2024, la dictature assadienne qui tenait la Syrie de manière implacable et impitoyable est tombée. Une chute qui marque le terme de l’un des régimes les plus sanguinaires de la terre. Quelles leçons peut-on tirer de cette fin de règne mouvementée ?
C’est en 1970 que Hafez Al-Assad accède au pouvoir par un coup d’Etat. Il se signale tout de suite par la fermeté de son régime qui n’admet aucune contestation. Toutes les têtes fortes ou celles qui dépassent sont coupées (au propre). Au fil des années, Hafez installe une féroce dictature sur le pays. Il progromise ses adversaires, ne leur offrant qu’une seule alternative : se taire et subir ou fuir (pour les plus chanceux, sinon, c’était la prison assurée ou la mort). A la vérité, vivre en Syrie, c’était renier sa liberté et être assujetti au pouvoir Assad qui faisait la pluie et le beau temps.
Mais, depuis le dimanche 08 décembre 2024, la page sombre de près de 55 ans de tyrannie a été tournée. Qui l’eût cru ? Depuis le 14 novembre 1970, le peuple syrien vivait une sorte de ‘’nuit des longs couteaux’’. Et elle va durer 54 ans. Une si longue nuit ! Ainsi, pendant plus d’un demi-siècle, la Syrie va vivre dans un goulag, une prison à ciel ouvert que vont diriger, régenter, les Assad, père et fils. Le premier, Hafez Al-Assad, a pris le pouvoir par un pronunciamiento qui va en faire le seul maitre à bord, multipliant les purges, les assassinats et autres procédés sanguinaires. Il tiendra ce pays d’une main d’acier dans un gant de fer. Avant que son fils, Bachar Al-Assad ne prenne le relais en 2000. Avec les mêmes méthodes et la même poigne. Il était prêt à tout pour conserver le pouvoir et assurer à son régime sinon plus, au moins la même longévité que celui de son père (30ans). Finalement, c’est un pari qu’il n’aura pas gagné. Il s’était cru indéboulonnable et refusait tout compromis, il croyait que le soutien des Russes lui serait indéfiniment acquis, de même que celui des Iraniens. Las !
Pour son malheur, au moment où les rebelles revenaient à la charge après avoir été éconduits en 2011, ses deux alliés qui lui avaient alors porté secours, avaient d’autres chats à fouetter et ne pouvaient lui être à nouveau utiles face à ses ennemis intérieurs. Et ce qui devait arriver a fini par arriver. Le conducator a été éjecté de son fauteuil par la horde des rebelles qui n’attendaient que ça depuis 13 ans. Leur patience a donc fini par payer. La dictature assadienne aura vécu !
Quels enseignements peut-on tirer de la chute de Bachar Al-Assad ? En réalité, deux leçons se dégagent de la déroute du satrape syrien. D’un, Bachar a manqué d’humilité et mû par ce qu’on pourrait appeler l’hubris du pouvoir, il s’est enfermé dans une sorte de tour d’ivoire ou de bulle qui l’a coupé de la réalité ou du monde sensoriel. De sorte que la seule voix qu’il écoutait était la sienne. Il était fermé à tout dialogue avec ceux qui le combattaient et qui ont fini par l’avoir à l’usure (après 13 ans). De deux, le second enseignement est une conséquence du premier. C’est que Bachar Al-Assad était d’une raideur telle que pour lui, tout compromis était perçu comme une compromission sinon une faiblesse. Résultat, il n’a jamais voulu discuter avec ses opposants. Aussi, pour lui, tout ‘’bon opposant’’ était-il ‘’un opposant mort’’. Or, il suffisait qu’il discute avec les rebelles pour que son régime soit sauvé. Peu importe à quelles conditions. Cependant, pour n’avoir pas intégré le dialogue dans sa psyché, il se retrouve à la rue, loin de sa Syrie natale, condamné, sans doute, à une vie d’itinérance qui lui fera, enfin, découvrir la précarité de l’humaine condition. Il comprendra alors que ‘’nul n’est suffisamment fort pour le rester éternellement’’. Mais, il sera déjà trop tard. Hélas !
OM/Informateur.ci












