@informateur- Après qu’ils ont pris le pouvoir par les armes, les chefs des juntes burkinabè, malienne et nigérienne en font voir des vertes et des pas mûres à ceux de leurs concitoyens qui ont le malheur de ne pas regarder dans leur direction. On le voit particulièrement au Burkina et au Niger où Ibrahim Traoré et Tiani Abdourahamane se livrent à toutes sortes de dérives.
S’ils ont emporté l’adhésion de leurs populations à leur prise de pouvoir opérée dans et par la violence, les chefs des transitions burkinabè, malienne et nigérienne commencent à montrer leur vrai visage de ‘’tyrans’’. Qu’on en juge. Au Burkina Faso, il ne fait pas bon d’entonner un autre chant que l’hymne à la gloire du capitaine Ibrahim Traoré présenté comme un ‘’héros’’ dont chacun doit exalter le patriotisme, le courage et l’engagement à défendre les intérêts de son pays. Et gare à ceux qui jouent les ‘’objecteurs de conscience’’ ou les ‘’fous du roi’’.
Le nouvel homme fort du Pays des hommes intègres n’est jamais loin et il pourrait envoyer ceux qui se présentent comme des ‘’rebelles’’ à l’ordre établi au front pour combattre les djihadistes qui ne laissent aucun répit à l’armée régulière. Ainsi, un nouveau cap a été franchi dans la répression des libertés fondamentales au Burkina Faso où cinq (5) magistrats sont détenus illégalement par le régime militaire du capitaine Ibrahim Traoré, et risquent d’être envoyés de force au front pour lutter contre les groupes djihadistes.
- Enrôlement forcé des voix dissonantes
Tous ont été ‘’réquisitionnés’’ le 9 août 2024 par la junte, selon la terminologie employée par cette dernière pour qualifier l’enrôlement forcé des voix dissonantes auquel elle se livre, depuis son arrivée au pouvoir par un putsch en septembre 2022. Les journalistes aussi sont pris pour cible par les nouvelles autorités qui semblent décider à ‘’museler’’ la presse dès lors que celle-ci se montre critique. Ainsi, des dizaines de journalistes, de lanceurs d’alerte, de défenseurs des droits humains et de politiques jugés critiques par la junte ont été envoyés au front sans aucune préparation au maniement des armes.
Mais, il n’y a pas que les ‘’réquisitions’’, il y a aussi la contribution des citoyens à l’effort de guerre qui est devenue ‘’obligatoire’’ pour les fonctionnaires et les opérateurs économiques. Aussi les autorités burkinabè ont-elles décidé de ponctionner ‘’un pour cent sur tous les salaires, qu’ils soient publics ou privés, et 25% sur toutes les primes des fonctionnaires des différents ministères’’. «Il faut en finir vite avec cette guerre et nous demandons véritablement l’accompagnement des travailleurs», avait expliqué Aboubacar Nacanabo, le ministre de l’Economie et des Finances à la sortie d’un Conseil des ministres.
- Les syndicats s’étaient opposés aux ponctions
Faut-il rappeler que cette mesure avait déjà été proposée il y a un an, mais les syndicats s’y étaient opposés, arguant que les contributions à l’effort de guerre devaient se faire sur la base du volontariat? Pour donner l’exemple, le salaire des ministres est également amputé de 5%. De surcroit, une taxe de 2% sur le bénéfice net des entreprises a été imposée. Tout cet argent servira, selon le gouvernement, à améliorer l’équipement des forces de défense et de sécurité et à augmenter les primes des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), prime qui devrait passer de 60 à 80.000 FCFA.
Au Niger, les exactions sont d’une autre nature, même si l’on ne peut exclure sur le long terme que ce pays suive l’exemple du Burkina en matière de restriction des libertés individuelles et collectives. En effet, le gouvernement nigérien a pris une décision politique majeure le jeudi 10 octobre 2024 en annonçant la déchéance de la nationalité nigérienne de neuf personnalités nommément citées dans le communiqué y afférent : Rhissa Ag Boulla, Pagoui Hamidine Abdou, Amadou N’Gade Hamid, Abdoul Kader Mohamed, Abou Mahamadou Tarka, Daouda Djibo Takoubakoye, Karingama Wali Ibrahim, Harouna Gazobi Souleymane, et Moussa Moumouni.
- Elles sont accusées d’infractions graves
Elles sont accusées de plusieurs infractions graves, notamment, ‘’l’intelligence avec une puissance étrangère, en vue de l’engager à entreprendre des hostilités contre l’État’’, ‘’le complot contre l’autorité de l’État et la trahison’’, ainsi que ‘’la participation à une entreprise de démoralisation de l’armée ou de la nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale’’, etc. Au Mali, les FAMA et leurs supplétifs russes de l’ex-Wagner, sont accusés de violence, de viols et de vols dans de nombreux villages où ils se rendent pour des opérations de ratissage.
Au final, on voit que les transitions militaires au sein de l’AES se paient pratiquement sur l’habitant et posent désormais problème. Puisqu’elles deviennent une charge pour les populations victimes des dérives, des outrances et des dérapages dont leurs acteurs se rendent de plus en plus coupables. On peut le déplorer.
OM/Informateur.ci












