@informateur.ci- Si j’ai salué, en tant que député de la Nation, les efforts du gouvernement en matière d’infrastructures routières dans l’Ouest du pays — d’excellentes chaussées bitumées reliant Zuénoula à Daloa, Daloa à Duékoué, Duékoué à Guiglo et Duékoué à Man — je me dois d’attirer l’attention des autorités sur une situation indigne qui affecte notre administration et notre image nationale.
À mon arrivée à Toulepleu, accompagné de ma délégation et du maire Denis Kah Zion, je me suis rendu à la préfecture pour présenter mes civilités républicaines au préfet, représentant du Président de la République dans cette ville-frontière, porte d’entrée de la Côte d’Ivoire vers le Liberia et réciproquement.
Là, nous avons été conduits par le secrétaire général, dans un conteneur aménagé en salle de réunion, où nous ont rejoints deux sous-préfets, dont celui de Péhé. Peu après, le préfet du département, Bini Koffi Étienne, est également arrivé.
À l’issue de cette rencontre, j’ai constaté avec stupéfaction que le cabinet du préfet lui-même se situe dans un conteneur.
Mon instinct de journaliste d’investigation s’est alors réveillé : j’ai ouvert une enquête expresse qui m’a permis d’établir que ces conteneurs sont des restes de l’ONUCI, abandonnés à la fin de la crise que notre pays a traversée entre 2002 et 2011.
D’après les informations recueillies, les bâtiments officiels de la préfecture sont en ruines et abandonnés depuis plus de cinq ans, envahis par la végétation. Une première tentative de réhabilitation a échoué en raison de la défaillance de l’entreprise attributaire ; le marché a été résilié et confié à un deuxième prestataire qui n’a pas encore repris les travaux.
En attendant, le préfet et le sous-préfet doivent exercer leurs fonctions dans ces vieux conteneurs depuis plus de cinq années consécutives, une situation indigne et inacceptable.
Le préfet représente le Président de la République ; il ne peut être contraint d’exercer pendant cinq ans dans des conditions aussi dégradantes.
J’en appelle au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité : qu’il donne toute l’attention républicaine nécessaire à la réhabilitation urgente des locaux de la préfecture de Toulepleu, afin que cesse cette honte et que l’autorité du Président de la République, incarnée par le préfet, retrouve la dignité qui lui revient dans le département de Toulepleu.
Assale Tiemoko
Député de la nation













