@informateur- L’Union Européenne (UE) va certes continuer d’apporter son appui aux fonds d’entretien routier dans les pays africains. Mais plus à n’importe quelle condition, car il n’est plus question de jeter l’argent par la fenêtre en le donnant à ceux qui n’en font pas grand chose, pour ne pas dire qui le dilapident tout simplement. Désormais, les pays africains qui vont bénéficier de l’aide de l’UE pour leurs fonds routiers devront montrer patte blanche au niveau de l’utilisation et de la gouvernance relativement à l’appui de l’institution européenne et de ses partenaires.
Cette information qui interpelle les États africains partenaires de l’UE a été donnée aux pays africains concernés, par les partenaires techniques et financiers dont l’UE, à l’occasion de la 21ème Assemblée générale de l’Association des Fonds d’entretien routier en Afrique (AFERA), tenue à Abidjan du 13 au 16 mai 2024. Des partenaires techniques et financiers, avec en tête l’Union Européenne, qui ont exprimé leurs attentes, pour ne pas dire leur méfiance, vis-à-vis des pays africains concernant la gouvernance de la route, à en croire les médias qui ont relayé l’information. Bruxelles compte certes continuer à apporter son soutien aux pays africains. Mais plus de façon aveugle.
A en croire Sergio Oliete, Chef d’unité Transport et développement urbain durable à la Commission de l’UE, l’appui aux pays africains sera soumis à des conditions plus corsées. «Nous envisageons l’assistance technique classique. Mais nous allons aussi faire des subventions ciblées basées sur la performance des Fonds routiers. On se met d’accord avec les gouvernements pour atteindre un certain nombre d’objectifs. A mesure que ces objectifs sont atteints, nous allons débourser les ressources à destination des Fonds routiers », a expliqué l’expert de l’UE dans un entretien avec le confrère Acturoutes. Un message qui sonne comme un blâme…sans doute à l’endroit des pays africains mauvais élèves! Qui doivent savoir que l’intervention de l’UE sera dorénavant orientée vers les Fonds routiers des pays situés sur les corridors africains et prendra en compte des activités comme le contrôle de la charge à l’essieu, l’amélioration de la gouvernance, la formation des Pme, etc.
Ces restrictions, faut-il le comprendre, s’expliquent par le fait qu’il n’est pas possible que l’UE, malgré toute sa bonne volonté, embrasse tout d’une seule main pour financer l’ensemble des fonds routiers africains, vu la forte demande et la pression sur la trésorerie. Au moment où l’UE prend également en compte d’autres secteurs prioritaires comme l’énergie et le numérique. En réalité, la vérité dans l’affaire est que certains pays qui s’illustrent par une piètre gestion des fonds octroyés, surtout dans un environnement politico-financier flou qui ne permet aucune transparence ou traçabilité, utilisent mal l’argent de l’UE qui constate que nombre de Fonds routiers africains ne présentent pas de résultats encourageants, en dépit de l’aide apportée.
«Le constat aujourd’hui est que beaucoup de ces fonds routiers supposés être de 2ème génération ne le sont plus parce qu’ils n’ont plus d’autonomie financière. Ils ne collectent plus les recettes de la redevance sur l’usage de la route et sur les carburants. Ils n’ont pas les fonds nécessaires pour gérer l’entretien routier», s’afflige Sergio Oliete. Qui note avec tristesse que : «L’entretien routier a souvent des interférences politiques et les Fonds routiers se trouvent fragilisés».
Pour ne pas dire que dans certains pays africains, les fonds octroyés par l’UE pour l’entretien routier sont transformés en caisse noire et détournés. Heureusement, la Côte d’Ivoire peut être fière de faire partie des bons, voire des meilleurs élèves. La preuve : »La bonne note dans ce tableau provient de certains pays comme la Côte d’Ivoire dont le Fonds d’entretien routier (FER) a franchi des étapes qui en font une référence sur la carte africaine », soulignent les médias qui se font l’écho du satisfecit décerné par l’Union Européenne à la Côte d’Ivoire en ce qui concerne la gestion des fonds d’entretien routier.
«Le FER correspond à beaucoup de ces critères. Le FER a déjà reçu des subventions de la BAD et de l’AFD, donc ils ont cette expérience de collaboration avec les bailleurs. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais c’est un fonds routier qui peut être un modèle à suivre par beaucoup d’autres fonds routiers», s’est réjoui Sergio Oliete, félicitant les autorités ivoiriennes.
DL/Informateur.ci












