@informateur.ci- En séjour en France pour la première fois depuis la chute de Laurent Gbagbo en 2011, Simone Ehivet Gbagbo revient sur les événements qui ont marqué son arrestation et sa détention. Dans un entretien accordé à France 24, l’ancienne Première dame ivoirienne affirme avoir pardonné aussi bien à la France qu’à Alassane Ouattara, tout en formulant de vives critiques sur certains épisodes de la crise postélectorale.
Simone Gbagbo accuse notamment l’armée française de ne pas être intervenue pour la protéger lors de son arrestation en 2011, alors qu’elle affirme avoir été confrontée à des tentatives de viol. «Ils n’ont pas levé le petit doigt pour aider qui que ce soit parmi nous », déclare-t-elle, évoquant l’attitude des militaires français présents au moment des faits.
Malgré ce qu’elle considère comme une absence de protection, la présidente du Mouvement des générations capables (MGC) assure avoir pardonné à la France. Elle dit également avoir pardonné à Alassane Ouattara, sous le régime duquel elle avait été détenue à Odienné après son arrestation.
«Alors pourquoi lui, je lui pardonnerais, et puis à la France, je ne pardonnerais pas ?», explique-t-elle, mettant en avant sa volonté de tourner la page sur les événements douloureux de cette période.
Sur le plan politique, Simone Gbagbo dénonce par ailleurs la situation de plusieurs proches de Laurent Gbagbo actuellement poursuivis ou détenus. Elle évoque notamment le mandat d’arrêt émis le 16 septembre contre Habiba Touré, porte-parole de l’ancien chef de l’État.
Selon elle, près de 1 500 personnes arrêtées dans le contexte des élections seraient encore détenues. Elle les qualifie de « prisonniers politiques », estimant que les faits qui leur sont reprochés ne retirent pas, selon elle, cette dimension politique.
La dirigeante du MGC revient également sur la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Elle défend la création d’un nouvel organe électoral qui, selon sa proposition, ne devrait comprendre ni représentants des partis politiques ni membres du gouvernement. Malgré les critiques suscitées par cette position, elle affirme maintenir ses propositions.
Candidate à l’élection présidentielle d’octobre 2025, Simone Gbagbo avait obtenu 2,4 % des suffrages. Un résultat qu’elle qualifie de « très grosse déception», qu’elle explique notamment par une faible participation des Ivoiriens au scrutin. Elle n’exclut toutefois pas une nouvelle candidature à l’avenir.
Depuis quelques jours, l’ancienne Première dame séjourne en France afin de mettre en place la représentation du MGC dans ce pays. Cette visite constitue également sa première présence en France depuis les événements de 2011.
Djah OPELY












