@informateur.ci- Tidjane Thiam exclu de la présidentielle ivoirienne ? Son avocat saisit l’ONU et alerte sur les conséquences politiques d’une radiation jugée arbitraire et antidémocratique.
Le 5 juin 2025, au lendemain de la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale définitive en Côte d’Ivoire, son avocat français, Me Mathias Chichportich, a tenu une conférence de presse en visioconférence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manœuvre politique » destinée à empêcher la candidature de son client à la présidentielle prévue plus tard cette année.
Devant un parterre de journalistes et d’observateurs internationaux, l’avocat a condamné une procédure « arbitraire, discriminatoire et inéquitable », qui violerait plusieurs droits fondamentaux garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la Côte d’Ivoire est partie. Me Chichportich a confirmé avoir saisi le Comité des droits de l’homme des Nations unies, dès le 4 juin, pour contester juridiquement la radiation.
Selon lui, la rapidité avec laquelle la décision a été prise est « sidérante ». Il évoque un juge unique ayant statué en cinq jours, annulant une décision de la Commission électorale indépendante, sans permettre de réel recours. Ce manque de voies de contestation internes crédibles aurait poussé l’équipe de défense à se tourner vers une juridiction internationale.
L’avocat estime qu’au-delà du cas de Tidjane Thiam, cette affaire illustre une dérive plus large. Plusieurs autres figures de l’opposition sont, selon lui, également exclues du processus électoral, ce qui représente « un recul démocratique majeur » et « une atteinte au droit du peuple ivoirien de choisir librement ses représentants.»
La requête déposée devant l’ONU mentionne six violations : le droit de voter et d’être élu, la personnalité juridique, la sécurité juridique, l’égalité devant la loi, le droit à un procès équitable, et le respect des engagements internationaux.
Comparant la situation à celle de l’ancien président brésilien Lula, Me Chichportich a précisé que, bien que le Comité onusien n’ait pas de pouvoir coercitif, une condamnation aurait un impact diplomatique et politique significatif, risquant de jeter le doute sur la légitimité du scrutin à venir.
Enfin, l’avocat a exhorté les autorités ivoiriennes à restaurer les conditions d’un scrutin démocratique, inclusif et équitable : «Nous ne demandons rien d’autre qu’un jeu électoral juste. Le peuple doit pouvoir choisir librement», a-t-il soutenu.
Y.K/informateur.ci












