@informateur.ci- À l’approche de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le Père Djadji, prêtre du diocèse de Yopougon et docteur de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, appelle à un sursaut moral et spirituel pour préserver la paix. Professeur d’ecclésiologie, il vient de publier un ouvrage intitulé Œcuménisme et Politique. Réflexion pour des élections sans morts en Afrique (cas de la Côte d’Ivoire), préfacé par le docteur Eddie Guéppié et édité par Harmattan.
Dans ce livre, le religieux ivoirien propose une réflexion profonde sur les causes des violences électorales récurrentes en Afrique. Il plaide pour une transformation des mentalités politiques et sociales afin de rompre le cycle tragique des crises post-électorales. « Il faut sortir de l’enfantillage et de l’animosité. Seuls les imbéciles recommencent les mêmes erreurs. Nous ne pouvons pas continuer à compter les morts à chaque scrutin », déclare-t-il avec fermeté.
Pour le Père Djadji, la clé d’élections apaisées repose sur quatre valeurs essentielles : la justice, la vérité, l’humilité et l’amour. Sans elles, affirme-t-il, « il n’y aura pas de paix pendant les élections en Afrique». Il appelle les dirigeants, les partis politiques et les citoyens à un engagement sincère pour une société plus juste et fraternelle.
Le prêtre s’interroge sur la singularité africaine en matière de violence électorale : « Pourquoi certains pays peuvent-ils organiser trois élections dans une même année sans qu’il n’y ait de morts, alors que chez nous, une seule élection tous les cinq ans plonge le pays dans le chaos ? »
Selon lui, la réponse se trouve dans l’injustice, le mensonge, l’hypocrisie et l’orgueil qui minent les relations sociales. Il regrette que des compatriotes autrefois unis – partageant repas, fêtes et victoires sportives – deviennent subitement des ennemis dès qu’approche une échéance politique. « Notre fraternité, dit-il, est souvent construite sur le mensonge. Il est temps de bâtir une paix fondée sur la vérité et la justice. »
Ce message du Père Djadji résonne comme un appel fort à la responsabilité collective à l’aube d’un scrutin décisif pour la Côte d’Ivoire.
Yannick KOBO












