@informateur.ci- Figure emblématique de la télévision ivoirienne depuis les années 1980, Georges W. Aboké, ancien Directeur général de la RTI et de Label Radio/Télévision, rompt le silence sur un sujet qui le ronge depuis plus d’une décennie : le non-règlement de ses droites suites à son licenciement en 2012.
Animateur reconnu pour sa rigueur, sa vision et son engagement dans le développement des médias en Côte d’Ivoire, Aboké a aussi occupé de hautes fonctions au sein de l’État.
De 2004 à 2011, il fut Conseiller spécial pour les Réformes du Secteur de la Communication à la Présidence de la République. Un parcours remarquable qui contraste fortement avec la manière dont s’est soldée sa carrière dans les médias publics.
En 2012, dans un contexte de restructuration économique, 325 agents de la RTI, dont Georges Aboké, sont licenciés. Treize ans plus tard, l’ancien dirigeant affirme n’avoir toujours perçu aucun des droits liés à ce départ. «Ce licenciement pour raison économique, sans règlement complet de mes droits à ce jour, a marqué un tournant », confie-t-il avec amertume.
L’homme, aujourd’hui consultant, formateur et conseiller en communication à l’international, dit avoir alerté à plusieurs reprises les autorités compétentes, sans succès.
«En 2015, j’ai remis un dossier complet à la ministre de la Communication, sur demande du Président de la République. C’était lors d’une cérémonie de présentation de vœux avec les acteurs du secteur. Mais tout est resté lettre morte». Un silence d’autant plus pesant que, selon lui, 45 des agents licenciés en 2012 sont aujourd’hui décédés, sans jamais avoir obtenu justice.
Georges W. Aboké ne demande pas seulement réparation pour lui-même, mais pour l’ensemble de ses collègues laissés-pour-compte. Dans un appel poignant, il s’adresse directement au chef de l’État : « Je demande que justice soit faite. J’en appelle à la magnanimité du Président de la République. Nous ne demandons que nos droits.»
Toujours engagé dans l’univers des médias, Aboké continue d’exercer en tant que consultant et formateur en Afrique, restructurant des organes de presse et accompagnant des projets de communication. Mais son regard sur l’évolution de l’audiovisuel en Côte d’Ivoire reste lucide, voire critique : « Le pays a avancé, certes, mais pas suffisamment. Le nombre de chaînes est limité, les contenus peu diversifiés, et les régions restent quasi oubliées.»
Selon lui, la Côte d’Ivoire est encore loin d’une libéralisation effective du secteur : Les chaînes appartiennent toutes à un même groupe d’influence politique, ce qui ne favorise pas une démocratie pluraliste. Le pays accuse un retard persistant dans la diversification et la régionalisation de ses médias.»
L’appel de Georges W. Aboké résonne comme un cri de mémoire et de dignité, à l’image de son parcours jalonné de combats pour un secteur médiatique plus professionnel et plus juste. Il espère qu’une reconnaissance institutionnelle viendra clore ce chapitre douloureux de sa vie professionnelle, et éviter que d’autres figures du service public ne sombrent dans l’oubli.
Y. K












