@Informateur.ci- Les enjeux de la création de PETROCI CI-26 par l’État de Côte d’Ivoire ne laissent l’ombre d’aucun doute. A travers la création de cette toute première société publique dédiée à la production pétrolière, la Côte d’Ivoire veut prendre en main son propre destin quant à sa souveraineté énergétique, notamment en hydrocarbures. Faut-il le rappeler, réuni en Conseil des ministres le 9 septembre, le gouvernement ivoirien a autorisé la création de PETROCI CI-26, une filiale de PETROCI qui devient la première société publique ivoirienne exclusivement consacrée à la production pétrolière.
Constituée sous la forme d’une société anonyme dont le capital est intégralement détenu par PETROCI Holding, la nouvelle entité aura pour mission de reprendre et d’exploiter le bloc pétrolier CI-26, notamment le champ Espoir, situé au large de Jacqueville, dans les eaux ivoiriennes. PETROCI CI-26 va piloter la reprise de production de ce bloc après l’expiration de l’autorisation des précédents opérateurs.
Le décret adopté par le gouvernement acte le transfert des actifs pétroliers concernés à cette filiale, qui opérera pour le compte de l’État. Ici, il ne s’agit pas d’un simple changement d’opérateur. Cette décision traduit une évolution du mode opératoire ivoirien dans la gestion de la filière hydrocarbures. En effet, jusque-là PETROCI agissait comme société nationale intégrée, partenaire des grands groupes internationaux dans l’exploration et la valorisation des hydrocarbures.
Avec PETROCI CI-26, tout change. L’État ivoirien se dote désormais de son propre outil, une société dédiée, capable d’assurer directement l’exploitation d’un gisement mature, tout en conservant la totalité de la valeur créée au sein du secteur public. Soulignons-le, cette ambition a émergé depuis la découverte du gisement géant Baleine exploité par PETROCI et son partenaire italien Eni, en 2021.
La Côte d’Ivoire ne cache pas son ambition de devenir l’un des principaux producteurs d’hydrocarbures d’Afrique de l’Ouest. Les importants investissements engagés ces derniers mois dans le développement de ce champ pétrolier témoignent de la volonté des autorités d’accroître durablement les capacités nationales de production de pétrole et de gaz. L’enjeu est clair. Il s’agit pour la Côte d’Ivoire de renforcer la sécurité énergétique du pays tout en augmentant la part des revenus pétroliers captée par l’État. Et d’offrir, à travers la création de PETROCI CI-26, un laboratoire opérationnel à la compagnie nationale pour développer des compétences techniques et managériales dans l’exploitation directe des champs offshore.
En faisant du bloc CI-26 le premier actif confié à une société publique spécialisée, la Côte d’Ivoire entend aller au-delà des traditionnels partenariats avec les groupes internationaux et assumer pleinement, pour faire entrer son secteur pétrolier dans une nouvelle ère.
Maurice Kouassi KONAN












