@informateur.ci- Le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, dénonce fermement les propos du ministre Serey Doh, qu’il qualifie de violents et inacceptables, et met en garde contre les conséquences de la haine verbale sur la cohésion nationale.
Le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, est monté au créneau pour dénoncer avec fermeté les propos tenus à son encontre par le ministre Serey Doh Célestin. Lors d’une communication, Thiam a pointé du doigt ce qu’il qualifie de « dérives verbales graves » émanant d’un cadre du parti au pouvoir, les jugeant incompatibles avec l’idéal de réconciliation nationale prôné par les autorités. «On ne peut pas séparer la violence verbale de la violence physique, parce que l’une est l’antichambre de l’autre », a déclaré Tidjane Thiam. Pour l’ancien cadre international, le climat de tension alimenté par des attaques personnelles et des injures ne peut que fragiliser davantage la cohésion sociale. « Il y a un niveau de violence verbale que je n’accepte pas », a-t-il insisté.
Le président du PDCI a particulièrement réagi aux insultes ciblant sa famille, et notamment sa mère. « Quand je vois un ministre de la République insulter ma famille, insulter ma mère… jusqu’à mettre en doute sa généalogie, c’est inadmissible », a-t-il affirmé, visiblement ému. Selon lui, ces attaques personnelles ont choqué jusque dans les rangs des partisans du ministre concerné. «Des chefs traditionnels sont venus me demander pardon au nom de leur fils.»
Tidjane Thiam regrette que de telles sorties viennent entacher les discours de réconciliation et d’unité nationale, tout en soulignant l’hypocrisie de certains responsables qui dénoncent la xénophobie tout en s’adonnant à des propos discriminatoires. « Les mêmes qui crient à la discrimination n’ont aucun problème à ironiser sur le fait que je m’appelle Thiam. Ils prétendent qu’il n’y a pas de Thiam en Côte d’Ivoire, mais se disent victimes de stigmatisation.»
Au-delà de sa personne, le leader du PDCI s’alarme d’un glissement inquiétant du débat politique vers la haine et l’insulte. « Même si on aime le pouvoir, il y a des limites », a-t-il conclu, dénonçant une perte des repères éthiques dans la sphère publique.
Cette sortie médiatique de Tidjane Thiam intervient dans un contexte politique tendu à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Elle relance le débat sur la nécessité d’un discours politique apaisé et respectueux des différences, dans un pays encore marqué par les blessures des crises passées.
Yannick KOBO












