@informateur.ci- La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, engage une nouvelle étape dans la structuration de sa filière anacarde. Le Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK) a lancé, le 11 août à Korhogo, le Projet d’Identification des Exploitants et Exploitations d’Anacarde (IEEA). Cette initiative vise à établir une base de données fiable sur les producteurs et les superficies exploitées.
La démarche doit permettre de mieux planifier les actions de développement, d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer la distribution des intrants. Elle devrait également contribuer à sécuriser les transactions et à renforcer progressivement la traçabilité de la chaîne de valeur.
Pour le démarrage de l’opération dans la région du Poro, le CCAK s’appuie sur le corps préfectoral et les chefs traditionnels afin de faciliter l’identification des exploitants sur le terrain. «Toutes nos actions de développement reposent sur des chiffres. Si nous savons combien de producteurs il y a et la taille de leurs exploitations, nous pouvons calibrer nos opérations de soutien et de développement », a expliqué Konaté Issa, directeur général adjoint du CCAK.
Cette initiative rappelle le processus engagé dans la filière café-cacao. Depuis 2019, le Conseil du Café-Cacao recense les producteurs et géolocalise les plantations. Ces données ont notamment contribué à la mise en place du Système national de traçabilité (SNT), lancé en juin 2026.
Le dispositif café-cacao repose notamment sur la carte du producteur, le Terminal de paiement électronique (TPE) et les scellés de traçabilité. À partir du 1er septembre 2026, la carte du producteur doit devenir obligatoire pour les transactions dans cette filière.
Pour l’anacarde, le CCAK reste toutefois à une étape préalable. Aucun système national de traçabilité ni carte obligatoire du producteur n’a encore été annoncé. L’objectif immédiat est de disposer de données précises sur les exploitants et leurs exploitations.
L’enjeu est majeur au regard de la croissance de la production. Celle-ci a progressé de 7,2 % en moyenne annuelle entre 2015 et 2023, atteignant 1,23 million de tonnes en 2023. Après un léger recul en 2024, lié notamment aux conditions climatiques, la production a rebondi pour atteindre près de 1,5 million de tonnes en 2025. La mise en place d’une base de données fiable apparaît ainsi comme un levier essentiel pour accompagner durablement l’essor de la filière.
Djah OPELY











