@informateur.ci- La Côte d’Ivoire accélère le développement de sa filière avicole avec un objectif ambitieux : porter sa production annuelle de viande de poulet à 200 000 tonnes d’ici 2030, contre 114 000 tonnes en 2024. Cette stratégie, portée par l’Interprofession avicole de Côte d’Ivoire (IPRAVI), vise à répondre à la forte croissance de la demande nationale tout en renforçant la sécurité alimentaire et les capacités de production du pays.
Déjà considérée comme l’une des filières d’élevage les mieux structurées de la sous-région, l’aviculture ivoirienne entend franchir une nouvelle étape grâce à des investissements dans les infrastructures, les équipements et la production d’aliments pour animaux. Cette montée en puissance devrait entraîner une hausse significative des besoins en matières premières, notamment le maïs, principal composant des aliments destinés aux volailles.
Les perspectives de croissance attirent déjà des investisseurs internationaux. En septembre 2025, le groupe néerlandais De Heus a annoncé son intention de construire une usine de fabrication d’aliments pour animaux à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Les caractéristiques techniques et le montant de cet investissement n’ont toutefois pas encore été dévoilés.
Au cours de la même période, la Société ivoirienne de productions animales (SIPRA), leader du secteur avicole national, a obtenu un investissement de 23,5 millions de dollars du fonds norvégien Norfund. Ce financement permettra d’accroître les capacités de production de l’entreprise, notamment dans la fabrication d’aliments pour bétail.
La dynamique du marché ivoirien suscite également l’intérêt des opérateurs américains. Selon l’US Grains Council (USGBC), plusieurs négociants en céréales s’implantent progressivement à Abidjan afin d’approvisionner non seulement la Côte d’Ivoire, mais aussi des marchés voisins comme la Guinée, le Mali et le Burkina Faso.
Cette expansion représente toutefois un défi pour les filières céréalières locales. La hausse de la demande en maïs pourrait profiter aux producteurs régionaux si la production suit le rythme, mais elle pourrait aussi accentuer la dépendance de l’Afrique de l’Ouest aux importations, alors que cette céréale demeure avant tout destinée à l’alimentation humaine.
Djah OPELY












