@informateur- L’interprofession de la filière Café-cacao que les producteurs appellent depuis des années de tous leurs vœux pourrait voir très bientôt le jour et compter, certainement, dans l’argumentaire de campagne du parti au pouvoir, le RHDP, en 2025. A un peu plus d’un an de la présidentielle, le gouvernement ivoirien a décidé d’offrir, au million de planteurs de café-cacao recensés dans le cadre de la traçabilité, leur interprofession.
C’est le sens d’une tournée dite de vérification des sièges et des données des organisations professionnelles de la filière, première étape de sa mise en place, qui se déroule du 13 au 24 mai 2024. Selon un calendrier communiqué à ces organisations, un comité technique mis sur pied par le Ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture, et du Développement rural, a commencé les rencontres de vérification des données fournies.
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Ce qui ressort des premiers contacts avec ledit comité, c’est l’absence d’informations préalable et globale sur l’ensemble du processus de mise en œuvre de l’interprofession. De fait, les organisations professionnelles ont jusque-là été mises devant les faits. Il y a quelques semaines l’on leur demandait de fournir des documents officiels d’existence légale assortis des données relatives à leurs membres et la quantité de production qu’elles revendiquent. Depuis le 13 mai, c’est une tournée du fameux comité technique dont les producteurs eux-mêmes ignorent tout de sa composition et de sa mission précise, qui passe pour vérifier ce que les associations et organisations professionnelles ont fourni comme documents.
A ce stade du processus plusieurs questions triturent les méninges des organisations des producteurs dont la plus pertinente est: que vont- ils leur dire à la fin? Qu’elles ne sont pas aptes à candidater voire même à voter pour la mise en place de leur propre interprofession? L’interprofession se mettra-t-elle en place par vote ou par consensus? Autant de questions qui se muent au fur et à mesure en des craintes, voire des suspicions légitimes dont le Conseil du Café-cacao et le Ministère de l’Agriculture auraient pu faire l’économie en divulguant les textes en la matière aux producteurs pour une compréhension globale du processus.
La grogne des producteurs est certes encore sourde. Mais il faut éviter que la mise en place de l’interprofession ne donne lieu au remue-ménage auquel la Côte d’Ivoire a assisté, honteusement, avec les fonds Covid dont la distribution aux coopératives avait commencé des mois durant, sans que les bénéficiaires ne sachent au préalable les critères d’éligibilité.
JFF/Informateur.ci












