@informateur.ci- Le débat sur le prix du cacao en Côte d’Ivoire prend une nouvelle tournure. Devant près de 8 000 producteurs réunis à Toulépleu, le président du SYNAPCI, Koné Moussa, a vivement critiqué le dispositif actuel de commercialisation du cacao et dénoncé le faible niveau du prix garanti aux producteurs.
Selon le responsable syndical, le prix fixé à 1 200 FCFA le kilogramme ne reflète pas la réalité du marché ni les difficultés rencontrées par les producteurs. Il affirme notamment que certains acheteurs proposent des prix nettement supérieurs dans certaines zones de production.
« Notre cacao est monté sur le marché mondial aujourd’hui autour de 5 000 à 6 000 francs le kilogramme. Mais nous, ici, on nous propose 1 200 francs », a-t-il déploré.
Koné Moussa a cité le cas de Daloa, où il dit avoir constaté, quelques jours avant son intervention, des transactions effectuées à des prix compris entre 1 400 et 1 500 FCFA, voire jusqu’à 1 800 FCFA le kilogramme. « Des gens achètent le cacao sous cape à 1 400, 1 500, voire 1 800 FCFA », a-t-il déclaré, s’interrogeant sur la différence entre ces prix et celui officiellement annoncé aux producteurs.
Le président du SYNAPCI a également dénoncé le rôle du Conseil Café-Cacao dans le fonctionnement de la filière. Il estime que l’institution cumule plusieurs fonctions, notamment celles de régulateur et de contrôleur, au détriment, selon lui, des producteurs.
Il a particulièrement critiqué les contrôles effectués dans les magasins et les sanctions pouvant toucher les coopératives. « Le Conseil Café-Cacao est à la fois joueur, arbitre et gardien ! », a-t-il lancé devant les producteurs.
Au-delà du prix, Koné Moussa a insisté sur les coûts de production supportés par les planteurs. Il a estimé que les responsables de la filière ne mesurent pas suffisamment les efforts nécessaires pour produire une tonne de cacao.
Il a également établi un parallèle avec le prix du chocolat vendu dans les supermarchés. « Une petite tablette de chocolat de 100 grammes coûte entre 2 000 et 4 000 FCFA », a-t-il relevé, jugeant paradoxal que le producteur ne perçoive que 1 200 FCFA pour un kilogramme de cacao brut.
Enfin, le président du SYNAPCI s’est interrogé sur les bénéfices réellement tirés par les planteurs des mécanismes de traçabilité et de digitalisation mis en place dans la filière. Il affirme que des cartes de producteurs seraient parfois collectées et utilisées à leur insu par des tiers.
Pour Koné Moussa, les réformes engagées doivent davantage profiter aux producteurs, qui restent, selon lui, les principaux acteurs de la chaîne de valeur du cacao mais aussi ceux qui en supportent une grande partie des contraintes.
Djah OPELY












