@informateur.ci- La campagne cacaoyère 2026-2027 connaît de sérieuses difficultés dans la région de l’Indénié-Djuablin, en raison de l’acheminement frauduleux d’une partie de la production ivoirienne vers les pays voisins. Cette situation compromet les activités des sociétés coopératives et menace de nombreux emplois, a alerté vendredi 6 novembre 2026 le président du Collectif des sociétés coopératives de l’Indénié-Djuablin (CSC-ID), Ehora Yao Léonard.
Deux mois après le lancement de la campagne, les coopératives de la région peinent à collecter et à commercialiser leurs stocks de cacao. Selon Ehora Yao Léonard, moins d’une dizaine de sociétés coopératives basées à Abengourou sont parvenues à expédier au moins un camion de fèves vers Abidjan depuis le début de la campagne.
Le responsable met principalement en cause l’écart considérable entre les prix pratiqués en Côte d’Ivoire et au Ghana. Alors que le kilogramme de cacao est fixé à 1 200 FCFA sur le marché ivoirien pour la campagne 2026-2027, il serait acheté autour de 2 100 FCFA chez le voisin ghanéen.
Ce différentiel de 900 FCFA par kilogramme constitue, selon lui, un facteur incitatif à la contrebande. Une partie de la récolte ivoirienne serait ainsi détournée vers les pays limitrophes, privant les coopératives locales des volumes nécessaires à leur fonctionnement.
Face à cette situation, le président du CSC-ID estime que le dispositif actuel de surveillance des frontières doit être renforcé. Il appelle à une mobilisation plus importante des autorités administratives et des communautés villageoises pour endiguer ce phénomène.
À cet effet, il préconise l’implication des préfets, des sous-préfets, des chefs de village ainsi que des présidents de jeunesse dans les actions de prévention et de surveillance. Il suggère notamment de s’inspirer des mécanismes communautaires déployés dans la lutte contre l’orpaillage clandestin.
Au-delà des pertes commerciales, Ehora Yao Léonard redoute de lourdes conséquences sociales et économiques pour les zones productrices. Il indique que certaines coopératives ont déjà été contraintes de placer des employés en chômage technique, faute d’activités suffisantes.
Le responsable appelle donc le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour enrayer la fuite du cacao et soutenir les structures coopératives. Il prévient que la poursuite de cette situation, susceptible d’entraîner la fermeture de certaines sociétés, pourrait fragiliser durablement l’économie locale de l’Indénié-Djuablin et les revenus des acteurs de la filière.
Djah OPELY












