@informateur- Au Mali, dans le secteur de la cimenterie des soupçons se font jour sur des pratiques déloyales et anticoncurrentielles auxquelles se seraient livrées les sociétés Cimasso et Cim Ivoire appartenant au magnat du ciment Inoussa Kanazoé, au détriment des autres acteurs de la filière. De fait, entre 2020 et 2024, les sociétés Cimasso au Burkina Faso et Cim Ivoire en Côte d’Ivoire ont vendu, par le truchement de la société Ramadan Distribution basée à Bamako et appartenant au regard des documents que nous avons pu consulter, à son chauffeur, Compaoré Idrissa, pour plus de 100 milliards FCFA de ciment. Cette somme que s’était fixée comme objectif ce magnat du ciment, parce que nécessaire à la construction de Cim Mali (5è fleuron de son empire industriel), a été mobilisée par Aziz Korgho. Lequel détient, au terme d’une procuration spéciale à lui remise le 8 avril 2020 par M. Compaoré, les pleins pouvoirs d’ouvrir, de gérer, de vérifier tout compte bancaire au nom de la société Ramadan Distribution et de souscrire tous billets à ordre, effets de commerce et autres engagements.
Ainsi, Aziz Korgho à qui Inoussa Kanazoé a expressément confié la recherche de marchés et la mobilisation des fonds est-il parvenu, selon les instructions et les orientations de son patron, à réunir les montants recherchés et Cim Mali a pu ainsi naître dans le Maliba. Mais à quel prix? Selon Aziz Korgho, le ciment provenant de Cimasso et de Cim Ivoire pour le Mali n’a pas été commercialisé au prix homologué sur le marché. Ce qui se vérifie par les factures et les virements opérés sur les comptes de ces deux entreprises.
Dans l’entourage de l’homme d’affaires, on accuse Aziz Korgho d’abus de confiance et de détournement portant sur plus de huit milliards FCFA. Ce, après avoir tenté vainement de récupérer une partie de ce montant qu’on lui impute, à un client malien, en l’occurrence Beni Ballo. Mais qu’est-ce qui explique ce gap? Les 8 milliards FCFA représentent en fait les remises importantes accordées sous la table aux gros clients pour les appâter.
- Un projet né sur la base de pratiques déloyales et anticoncurrentielles?
En voulant le beurre et l’argent du beurre, le Pdg de Cimasso et de Cim Ivoire s’est apparemment pris à son propre piège. Et en s’attaquant à celui qui en sait trop sur le dossier, l’homme d’affaires s’est tout simplement tiré une balle dans le pied, ouvrant ainsi la boite de Pandore. Car cette affaire qui aurait pu rester dans un cercle restreint, va devoir être tirée désormais au clair et sur la place publique, c’est-à-dire devant les tribunaux. S’il a fait ce choix risqué, il devra l’assumer en dépit de sa fortune, car nul n’est pas au-dessus des lois, fut-il un magnat du ciment.
Pour beaucoup d’observateurs, la justice au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali ont le devoir de faire toute la lumière sur cette affaire. Au regard des soupçons de pratiques douteuses dans le circuit de commercialisation du ciment que Cimasso et Cim Ivoire ont vendu durant les quatre dernières années au Mali. La Société Ramadan Distribution de Idrissa Compaoré a-t-elle présenté des états financiers au fisc malien et s’est-elle acquittée de ses obligations fiscales comparativement aux sommes colossales objet des poursuites au Burkina? Sous quel régime douanier ce ciment a -t-il été vendu durant les quatre années nécessaires à la construction de Cim Mali? L’érection de ce 5éme fleuron de l’empire du cimentier s’est-elle faite au détriment de la législation commerciale et financière? N’y aurait-il pas matière à ce que le Pôle pénal économique et financier (PPEF) ouvre une enquête pour faire la lumière sur une affaire qui prend les allures d’un scandale financier? Nous y reviendrons dans nos prochaines parutions afin d’éclairer davantage l’opinion.
KKM/Informateur.ci













